La strategie du design

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lundi 26 juillet 2010

Communication sur les prix...

prix leroy merlin

Il y a des fois où l'on se pose réellement des questions sur l'appréhension que certains départements marketing se font de leurs clients.

Exemple type avec une enseigne de bricolage où je passe ma vie en ce moment pour cause de travaux, et qui communique depuis un an sur trois niveaux de prix. Le sous-entendu étant ici plus que simpliste: le produit le moins cher est dédié au bricoleur du dimanche pour qui la qualité n'a que peu d'importance et ainsi de suite.

Une petite galipette réthorique qui permet de masquer le fait que le prix n'est que rarement un réel indicateur de la valeur technique des produits, et surtout qu'un tel habillage permet de conserver intact sa gamme et son price-mix (voire de les justifier), en venant simplifier à l'extrême une offre. Ou comment, en ne changeant rien, tenter d'instaurer une relation de proximité avec ses clients au travers d'une offre soi disant dédiée.

Dans le même ordre d'idées, j'en profite pour rappeler que tous les dispositifs de communication annonçant "si vous trouvez moins cher ailleurs, nous vous remboursons" ne visent évidemment pas à venir garantir et préserver un positionnement low cost. Au contraire, il s'agit là d'un excellent moyen, sans entente, de figer les prix sur une même zone de chalandise.

Exemple: une zone de chalandise donnée représente un marché de 10 millions d'€. Deux enseignes sont présentes sur cette zone. Imaginons que l'enseigne A décide baisser les prix afin de capter quelques consommateurs hésitants. Elle escompte augmenter malgré tout son CA dans la mesure où la baisse de prix devrait être compensée par la hausse du nombre de clients.

Une stratégie pour l'enseigne B pourrait alors être d'aligner ses prix, mais cela ne serait guère adéquat, car la situation globale serait alors un marché dont la valeur globale baisserait, et des clients qui reviendraient alors à des critères de choix autres que le prix pour faire leur sélection.

Pour éviter cette situation, il suffit à l'enseigne B d'annoncer qu'elle rembourse la différence. L'enseigne A prend alors pleinement conscience que si elle met effectivement en place une promotion, elle sera à l'origine de la baisse du marché global, ce qui n'est évidemment pas dans son intérêt (ni dans celui de son concurrent...)

Comme quoi finalement, avoir un ADN fort et pouvoir instaurer une régime de communication basé sur ledit ADN est fondamental...

mardi 20 juillet 2010

Les entretiens du design .9 Eric Bourgeois

Un nouvel entretien avec Eric Bourgeois. Cette fois, la question posée est de savoir comment, lorsque l'on dispose d'une cellule intégrée au niveau européen, communiquer les évolutions de la marque au sein des franchisés. 
La réponse de Mac Donald's est simple et efficace: un book de communication interne détaillant la démarche, les outils et les objectifs. 
Le tout dans un langage d'une rare simplicité et d'une rare efficacité. Un bel outil qui trouverait son utilité dans de nombreuses entités...

mardi 6 juillet 2010

Les entretiens du design .8 Eric Bourgeois

Pour cet entretien du design, Eric Bourgeois nous présente le design au sein de la marque Mac Donald's. 

On en apprend un petit peu plus sur l'évolution récente du logo et surtout sur l'étonnante montée en gamme que l'enseigne a connu récemment. 

Deux remarques me paraissent extrêmement intéressantes: 

 1. Le design du logo a historiquement suivi les évolutions des restaurants. En l'occurrence ceci est en partie dû au fait que l'expérience McDo est encore extrêmement liée aux restaurants eux-mêmes et peu étendue par rapport à Starbucks par exemple. Il y a de longues discussions à mener ici sur les points de contact des marques et leurs contributions à l'expérience globale.

 2. Le fait qu'un clin d'oeil soit plus persuasif qu'un matraquage. De ce point de vue, je ne peux qu'applaudir une démarche visant à faire disparaitre des dizaines ou des centaines de messages au profit de quelques uns, qui se révèlent finalement beaucoup plus impactants. Les photos sont je pense suffisamment parlantes pour justifier la pertinence de la démarche.

Un Mc Do avant le travail de montée en gamme

Le même après...

Les explications par Eric Bourgeois.


lundi 21 juin 2010

Designer: carrière et professionnalisation - 1

carriere et professionnalisation

L'ouvrage sur la professionnalisation des designers est sorti le mois dernier chez De Boeck. Je vais régulièrement mettre en ligne des extraits afin de présenter les points des participants. En l'occurrence, je commence avec l'association grâce à laquelle cet ouvrage a vu le jour: Cumulus.

Cumulus est la seule association internationale au service de l’enseignement et de la recherche en art et design. C’est un forum dédié aux parte- nariats, au transfert de connaissances et à l’échange d’excellence. À l’heure actuelle, Cumulus comporte 150 membres issus de 42 pays. L’association a vu le jour en 1990, sous l’impulsion de deux membres fondateurs, l’Univer- sité d’Art et de Design d’Helsinki (TAIK) et le Royal College of Art de Lon- dres, en collaboration avec le Danmarks Designskole, l’Académie Gerrit Rietvelt aux Pays-Bas, l’Universität Gesamthochschule Essen en Allemagne et la Hochschule für Angewandte Kunst Wien en Autriche. Tous étaient animés par la volonté d’améliorer la qualité de l’enseignement par le biais de collaborations et d’échanges (étudiants comme professeurs) dans le cadre du programme européen Erasmus. En 2001, ce réseau s’est transformé en association : Cumulus.

Depuis ce jour, Cumulus s’affirme comme un pionnier en organisant des cursus de Master joints, des workshops et des conférences, au rythme de deux par an.

Nous publions des articles scientifiques relatant nos discussions et séminaires, et élaborons des outils et actions pour favori- ser la mobilité internationale des étudiants, professeurs et administratifs. Cumulus s’attache à constituer puis à pérenniser un forum dynamique et flexible regroupant les établissements d’enseignement les plus prestigieux. Cumulus travaille en collaboration avec des institutions et organisations en lien avec les problématiques qui lui sont chères, et avec le monde de l’entre- prise. Cumulus s’efforce de faire face à la nouvelle donne instaurée par la mondialisation et à l’importance grandissante accordée à l’enseignement et la recherche en art, design et médias dans le processus de développement culturel, social, économique et technologique des sociétés modernes.

En découleront de nouvelles attentes en termes de quantité et de qualité de l’enseignement et de la recherche, ainsi qu’une nécessité de mettre en branle des activités de recherche poussées dans ces domaines. À l’ère de la mondia- lisation, il serait impensable d’appréhender la recherche en art, design et médias dans une logique nationale. Cumulus offre une plateforme internationale de discussion et de progrès.

www.cumulusassociation.org

Eija SALMI

Secrétaire général

lundi 14 juin 2010

Les entretiens du design 7 - Evelyne Luethi

J'ai visité il y a deux semaines une chambre incroyable dans un hôtel de Montreux. C'est simple, elle date de 1967 et depuis... n'a strictement pas été touchée. Dit autrement, nous avons là un petit bijou historique dont les fonctionnalités diverses laissent rêveur. Je laisse Evelyne Luethi, directrice des archives hôtelières suisses faire le tour de cet écrin fonctionnaliste dont on souhaite qu'il ne sera pas détruit !

La vidéo est en deux parties: 
1. dans la première, Evelyne Luethi plante le cadre historique du lieu
2. dans la deuxième, nous visitons la chambre et ses merveilles. La salle de bain nous ramène il y a trente ans et remet en perspective l'évolution de la notion d'hygiène corporelle.

 

jeudi 3 juin 2010

Responsabilité globale: publication chez Management et Avenir

Suite au colloque sur la responsabilité globale que j'avais présenté il y a quelques temps, l'IRGE publie sous la direction d'andré Sobczak un numéro spécial chez Management et Avenir. L’objectif de ce dossier est d’introduire les principales réflexions liées à l’engagement des parties prenantes et d’illustrer la manière dont celles-ci peuvent contribuer aux débats académiques, à la pédagogie et aux pratiques dans et entre les organisations, créant ainsi les fondements pour d’autres développements futurs. 
Le dossier comporte douze articles dont la moitié ont été écrits ou co-écrits par des enseignants-chercheurs d'Audencia. A noter qu'il y a un track "design responsable" et que nous aurons dans le courant de l'année 2011 un certain nombre de projets à présenter sur le sujet, avec notamment l'organisation d'une conférence dédiée sur le thème. 
Les douze articles sont répartis en quatre parties qui suivent et pourront être bientôt téléchargés sur Cairn.info ''
1. L’évolution des recherches sur l’engagement des parties prenantes ''
A. Berthoin Antal & A. Sobczak, Nouvelles perspectives sur l’engagement des parties prenantes : enjeux, acteurs, recherches 
D. Bevan & P. Werhane, Stakeholder theorising and the corporate-centric world 
S. Mercier, Le concept de parties prenantes : un état des lieux ''


2. Le processus d’identification et de représentation des différentes parties prenantes et de leurs intérêts ''
C. Girard & A. Sobczak, Pour une cartographie des parties prenantes fondée sur leur engagement : Une application aux sociétaires d’une banque mutualiste française J.-L. Rossignol, Fiscalité et responsabilité globale de l’entreprise 
J.-P. Minvielle & N. Minvielle, Le tourisme au Sahara : pratiques et responsabilités des acteurs ''


3. La diversité des formes et des motivations de l’engagement des parties prenantes ''
Y. Barel & S. Frémeaux, Quel sens ont les démarches d’intégration des salariés en situation de handicap pour les parties prenantes ? Le sens donné par les DRH et chargés de mission 
C. Germain & S. Gates, L’engagement des parties prenantes internes dans les démarches de Responsabilité Globale (RG) : l’intégration des indicateurs de RG dans les outils de pilotage du contrôle de gestion 
M. Fougère, Intégrer les enjeux économiques, sociaux, environnementaux et politiques dans un jeu de rôles : le cas de l’usine Botnia de Fray Bentos ''


4. Vers de nouveaux cadres théoriques et de nouvelles méthodologies de recherches sur l’engagement des parties prenantes ''
C. Krohmer, C. Naschberger & A. Sobczak, Le rôle de l’activité de régulation sociale dans le processus d’affirmation de nouvelles parties prenantes : L’exemple des réseaux de promotion de la diversité 
M. El Abboubi & A. Cornet, L’implication des parties prenantes comme un processus de construction sociale. Analyse à partir de la théorie de l’acteur-réseau 
V. Xhauflair & F. Pichot, Partenariats inter-organisationnels et nouvelles formes de gouvernance : les conditions d’un compromis équilibré et pérenne

jeudi 20 mai 2010

Design coréen

CCIP corée

Une information récente: la CCIP organise un déplacement dans le cadre du World Design Capital. Les designers français sont en vogue là bas et c'est toujours l'occasion de rencontrer des personnes dans un cadre un peu formel.

mercredi 19 mai 2010

Responsabilité, design et normes sociales

Je suis toujours un peu étonné de la position prise par certaines parties prenantes lorsqu'il s'agit de tenter de faire évoluer les comportements. Certains essaient la démarche "marketing lessivier des années 7"0 en tentant d'expliquer à quel point il est plus intéressant de faire des économies en recourant à leurs produits. D'autres expliquent qu'il s'agit là d'une démarche engagée et qu'il y a urgence.

Je ne remets pas en cause ces approches, mais je suis toujours un peu déçu du temps que met la recherche universitaire pour se vulgariser.

Prenons un exemple. Durant l'exposition So Watt d'EDF, des dizaines de produits tous plus étonnants les uns que les autres ont été présentés.Les plus intéressants à mes yeux étant ceux permettant de donner un outil aux clients pour quantifier leur consommation et donc la gérer.

so watt

horloge énergie L'approche est extrêmement pertinente mais repose malheureusement sur l'engagement personnel, et ce dernier est fort aléatoire, la littérature sur le sujet regorgeant d'exemples de passagers clandestins.

A l'inverse, plutôt que de limiter l'approche à la simple responsabilisation personnelle, il serait bien plus adéquat de mettre les comportements personnels dans une perspective beaucoup plus large. L'être humain a ceci d'étonnant que lorsque l'on compare ses activités à celles d'autres personnes, l'incitation au changement prend brusquement une toute autre ampleur....

A titre d’exemple et pour souligner ce point, dans une recherche menée en 2008, des chercheurs américains ont tenté de définir ce qui amenait des passants à donner de l’argent à une personne jouant de la musique dans le métro. Pour ce faire, ils ont analysé le pourcentage de personnes faisant un don, et ce sans que les paramètres ne soient changés. Une fois ceci fait, ils ont modifié les paramètres en demandant à un de leurs acolytes de jouer le rôle d’un faux donneur. En l’occurrence, à chaque fois qu’un passant s’approchait de la personne jouant de la musique, ledit acolyte le précédait et faisant un don. L’évolution du cadre de test peut paraître mineure, mais elle ne l’est pas lorsque l’on apprend que les passants suivant l’acolyte ont une probabilité de don qui est huit fois supérieure à celle des passants du premier groupe !!!!!

Les mêmes chercheurs ont alors essayé d’appliquer ce raisonnement aux économies d’énergie. Pour ce faire, ils ont fait une étude dans des secteurs résidentiels afin de déterminer quelles étaient les raisons pour lesquelles des habitants avaient décidé de mettre en place un système d’économie d’énergie. L’analyse des résultats, (qui étaient déclaratifs) a fait apparaître un rationnel étonnant dans la mesure où les habitants agissaient, non pas pour lutter pour l’environnement, mais car les autres habitants agissaient.

Afin de valider ce point qui à priori était quelque peu étonnant, des panneaux publicitaires furent installés dans une ville californienne pendant quatre semaines. Les publicités présentées sur ces panneaux expliquaient aux résidents que des efforts en termes d’économie d’énergie (1) permettaient d’aider l’environnement, (2) bénéficiaient à la société, (3) leur permettait d’économiser de l’argent ou, (4) étaient une pratique courante au sein de la communauté.

Les résultats obtenus en termes de baisse de la consommation sont venus clairement confirmer le fait que l’approche normative (c'est un comportement courant dans votre quartier) était la plus efficace. Dit autrement, lorsque la norme comportementale est d’économiser de l’énergie, tous les habitants ont tendance à la suivre.

Alors si l'on reprend l'exemple de l'horloge présentée plus haut, peut-être conviendrait-il de rajouter une information présentant les consommations personnelles mais aussi celles de ses voisins? Ceci pose évidemment la question de la divulgation de comportements privés mais après tout, l'écologie me paraît être une problématique suffisamment urgente pour réfléchir à toutes les solutions.

Seul petit bémol évidemment: les personnes ayant des comportements responsables et dépensant moins que les autres ne manqueront pas d'estimer qu'elles peuvent consommer un peu plus au vu des piètres résultats de leurs voisins... :):):)

vendredi 14 mai 2010

Design des politiques publiques

Voilà un ouvrage étonnant et qui fait plaisir. Etonnant car c'est publié à la documentation française et, une fois qu'on l'a en main, surprise, il est en carton rigide, avec des typos et des graphismes qui rappellent l'édition pour enfant. 
En soi, c'est déjà bien car drôle et finalement agréable. Mais étonnant surtout du point de vue de son titre: Design des Politiques Publiques . A une période où certains disent que le design de services (ou d'expériences ? :) ) n'existe pas, un tel titre ne peut manquer de surprendre. Et pourtant, lorsqu'on se plonge dans l'ouvrage, on y parle d'anthropologie, de personas, d'innovation, de culture etc. Bref, toutes ces branches de la recherche qui ne sont pas dures et qui font du design un réel outil à valeur ajoutée. 
En ce qui concerne le sujet, la partie "design" relève évidemment des méthodologies utilisées par la 27ème région pour soutenir l'innovation dans les politiques publiques. La volonté clairement affichée de la démarche est de remettre en question les impasses que l'on connait actuellement dans le management public. La démarche est honnête, assumée et on est heureux de voir que certains voient le design comme un outil pertinent dans ce cadre. 
Sur le fonds, l'ouvrage présente de nombreuses études de cas, qui ont le mérite de présenter les réalisations et les bénéfices du travail de la 27ème et d'étayer ainsi le propos. 
Toujours dans une démarche transparente, les auteurs présentent des exemples qui n'ont pas été bien reçus par les institutions et expliquent pourquoi. En bref, un beau produit et des exemples réellement intéressants, avec cependant deux regrets: le style qui n'est parfois pas à la hauteur du contenu et le manque d'un "so what" final.
 On aurait aimé par exemple avoir une véritable mise à plat des méthodologies utilisées, des acteurs ayant pris part, et de l'adéquation de ces approches en fonction de tel ou tel type de contexte. Tout cela... pour légitimer l'existence d'un design des politiques publiques.

lundi 10 mai 2010

entreprises et designers... où la balance penche t'elle?

NYX

Je suis intimement persuadé de l'intérêt de recourir à des stars du design pour développer sa marque, mais il y a quand même des fois où l'on peut se poser des questions sur le type de relations existant entre les deux. L'écosystème visant à permettre aux deux entités de se développer de manière équitable n'a pour le moment prouvé sa viabilité que dans le milieu du meuble, et ce suite à un certain nombre règles tacites qui en garantissent la pérennité (voir l'article de Capaldo).

D'ici à penser que ce système pourrait s'étendre à d'autres secteurs de l'industrie, j'ai quelques doutes et je ne suis d'ailleurs pas sûr que cela soit réellement dans l'intérêt des designers...

lundi 3 mai 2010

Les pratiques de design management en europe

DME Survey 2009 JPEG

Voici la publication tirée de la partie du programme européen ADMIRE dédiée au design management. Il s'agit d'une étude menée pendant deux ans sur des entreprises dans huit pays européens.

Le travail est mené à partir d'une échelle permettant de classer les entreprises en fonction de leur recours en design. Dans sa forme, cette approche est fortement inspirée de l'échelle du design danoise. Elle prend par contre en compte un certain nombre de dimensions (awareness etc.) qui permettent de lui donner plus de profondeur.

Une fois ceci fait, le sample d'analyse est passé à la moulinette afin d'obtenir un certain nombre de résultats intéressants. On ne sera pas étonné de voir que le design est perçu comme contribuant fortement à l'amélioration du branding ou comme un bon outil de communication. Par contre, les auteurs soulignent avec intérêt le manque de prise en compte des techniques de "personas" ou de "lead users" dans les analyses consommateurs. C'est étonnant dans la mesure où le pool est constitué d'entreprises ayant montré un intérêt envers le design.

A part quelques questions méthodologiques, notamment en ce qui concerne la diversité du pool d'entreprise (a titre d'exemple, plus de la moitié du sample est composé d'entreprises de moins de 50 personnes, ce qui est faible au regard du fait que le design management a tendance à prendre ses aises dans des entités de taille bien plus importante), nous avons là une belle étude qui nous offre une photographie un peu plus précise que ce que l'on a l'habitude de voir.

lundi 19 avril 2010

Petit cours de merch par Philips ... elle est belle ma pomme.

Plutôt que d'aller à Milan, je suis allé faire un petit tour au Light and Building de Frankfort. La destination est évidemment moins trendy que l'italienne (lol), mais cela valait vraiment la peine. 

Tout d'abord, pour réaliser à quel point l'avenir sera technologique: des acteurs tels que Toshiba sont en train d'arriver en force sur le marché, et cela souligne bien l'aspect incontournable que va prendre la Led. Du point de vue industriel, les acteurs dont le métier était anciennement de faire de l'injection de verre sous vide vont être obligés de rapidement évoluer sous peine de disparaitre. A l'inverse, le marché commence à s'ouvrir aux fabricants techno et le cas de Toshiba est ici archétypal, ce qui nous promet de belles évolutions dans un avenir proche. Ensuite, pour se dire que la véritable problématique sur ces marchés n'est pas réellement de développer des technos (la plupart des acteurs semblent réussir à produire plus ou moins correctement des Led), mais bien de réfléchir aux applications...
 
De ce point de vue, j'ai été assez déçu de l'immense majorité des stands. La promesse de marque des entreprises présentes est encore bien trop technique, et seul Philips se démarque du lot. En l'occurrence, leur stand fait la part belle aux diverses applications, et c'est un véritable bonheur. 
Je n'en présente qu'une, qui n'étonnera pas les spécialistes du merchandising, mais les images valent tellement plus que les mots pour ces choses là.

mardi 13 avril 2010

Lancement collection design et innovation

Ca y est, la collection "Design et innovation" est enfin lancée chez de Boeck. Le premier ouvrage sort cette semaine et porte sur le design d'expérience, tandis que le deuxième émane de Cumulus, l'association internationale des écoles de design.

L'idée de la création de la collection partait du constat selon lequel, au-delà de la pratique de création, le design est devenu discipline de management et de stratégie. De management, parce qu’il fédère l’ensemble des personnels autour des « projets » de l’entreprise, de stratégie parce qu’il s’agit d’inscrire la création et l’innovation comme moyens de se projeter dans l’avenir et d’assurer la pérennité de la structure et sa rentabilité. 

L'objectif de la collection est alors de proposer des analyses portant sur les diverses pratiques d'une discipline dont on parle beaucoup mais dont les fonctions et l'impact dans l'entreprise sont encore peu médiatisées.

Je ne vais pas présenter le premier ouvrage car c'est déjà fait ici, mais on peut déjà écrire que le le prochain traitera des carrières de designers et visera à démontrer que, si les ingénieurs n'ont aucun scrupules à se présenter comme d'excellents gérants d'entreprise, il n'y a aucune raison pour que cela ne soit pas le cas des designers... 

samedi 10 avril 2010

Les entretiens du design 6 - Fabrice Vié

Pour le sixième entretien, j'ai reçu Fabrice Vié, délégué régional adjoint de l'INPI Pays de Loire. Il aborde les problématiques de protection et d'achat des droits, et en profite pour tordre le cou à certains mythes qui ont la vie dure. 

C'est donc l'occasion de faire un point rapide sur des questions qui sont fondamentales. 

vendredi 2 avril 2010

Conférence sur le design comme outil de différenciation

J'organise jeudi prochain à Audencia et en partenariat avec Centrale et l'Ecole de Design une conférence sur le design comme outil de différenciation. Cinq intervenants sur le sujet, dont des designers agences et intégrés pour représenter correctement le panel de pratiques. Ce sera l'occasion d'échanger sur les pratiques des diverses sciences (conception de produit, marketing et management) et de présenter quelques études de cas récentes.

Le tout est évidemment suivi d'une table ronde et d'une présentation de certains des projets menés cette année dans le cadre du Mastère Marketing Design. Je suis heureux de l'annoncer car il est encore assez rare qu'une école de commerce décide de réellement s'engager sur le sujet du design et c'est en fait le début d'une série de conférences et de déjeuners débats qui seront organisés à partir de la rentrée, et de manière mensuelle. Je suis aussi ravi de pouvoir démontrer que des étudiants d'école de commerce peuvent être amenés à interagir de manière créative avec des designers et des ingénieurs si on leur en laisse le temps et qu'on leur donne les méthodologies adéquates.

Accessoirement, nous avons eu hier une executive academy avec Pierre Yves Panis, design manager de Legrand et cela a été un vrai bonheur !

vendredi 26 mars 2010

Les typos comme outil de conviction publicitaire ?

typos exemples

Je mets en ligne une revue de la littérature de la recherche portant sur les typographies et leur impact en termes de publicité. Au même titre que la recherche sur la théorie des formes en design industriel, il y a peu d'écrits scientifiques, alors cela m'a paru intéressant.

La première remarque porte sur l'absence de production scientifique portant sur les interactions entre les diverses dimensions de la typographie. Cela me rappelle toute la littérature portant sur la sensorialité des environnements de service. De nombreux chercheurs ont travaillé sur l'impact du son ou de la couleur sur le comportement des usagers, mais à ma connaissance, il n'existe quasiment aucune approche réellement holistique et qui se pose la question des interactions. C'est manifestement le cas pour la typo, et je n'en suis pas plus étonné, même si c'est un peu désespérant.

La deuxième remarque est que finalement, cela doit en partie expliquer l'engouement des services marketing ou communication pour l'Helvetica. Outre l'aspect de cascade informationnelle, il est probable que le nombre de variables (espacement, interligne, typo, type de casse etc.) à prendre en compte devienne rapidement trop important pour être correctement traité. La solution est alors de se tourner vers un spécialiste de la typo, mais si l'on réalise le fait que le design a parfois du mal à prouver sa légitimité, la situation du typographe doit être encore moins évidente. Partant de là, une solution dégradée mais plus facile à mettre en place consiste à adopter un comportement moutonnier, et ne pas prendre de risque en se tournant vers une typo passe partout.

On pourrait ici développer sur le culte de l'Helvetica qui était d'ailleurs le sujet d'un coup de gueule de Peter Gabor qui m'avait beaucoup amusé.

Ceci m'amène à une dernière remarque, un peu plus acide celle-là: j'ai récemment échangé avec une spécialiste de la cognition et des interfaces visuelles. Elle me détaillait les relations systématiquement houleuses qu'elle avait avec les graphistes qui estimaient que l'organisation visuelle des informations relevait de leur domaine et qu'il n'était besoin d'aucune autre expertise que la leur. En l'occurrence, je suis persuadé que c'est faux, notamment lorsque l'on travaille dans un cadre interculturel. Je ne parle pas de certains graphistes qui estiment être des typographes avertis, mais l'idée est la même. Ce type de réaction m'amuse passablement dans la mesure où, finalement, si le design a du mal à se faire reconnaitre, il n'est pas toujours extrêmement ouvert à l'égard de certaines des pratiques qui entourent sa démarche :):)

mercredi 17 mars 2010

Stratégies nationales d'éducation et d'innovation

hong kong

Hong Kong a publié en 2008 un rapport sur le rôle de l'éducation dans la transformation des économies en économies créatives. Nous avons eu le rapport de Maurice Levy en France et il est intéressant de voir les choses sous un autre angle.

En l'occurrence, les auteurs partent du principe que l'éducation est à la base de l'offre créative à venir. On a envie de dire que cela relève de l'évidence, mais la manière dont la démonstration est menée est intéressante dans la mesure où ils font une comparaison des systèmes coréens, espagnols et finlandais et l'on y apprend un certain nombre de choses.

Une lecture intéressante, notamment au niveau des recommandations qui sont formulées. On notera cependant avec humour l'une d'entre elles: " à court terme, une importation massive de talents créatifs pourrait susciter un boom important en termes de créativité à Hong Kong". Le pragmatisme de l'approche fait rêver :)

jeudi 11 mars 2010

Trouver un boulot de designer industriel

Get a design job

Il n'y a pas de publications sur le sujet, donc je me tourne vers Rita Sue qui publie son "get a design job" de manière régulière. En l'occurrence il s'agit de la troisième version et le jeu des questions-réponses auquel elle se prête est bienvenu. Pas de révolution théorique, mais plutôt beaucoup de bon sens et cela fait du bien.

A quand la même chose en français?

jeudi 4 mars 2010

Le cas Blackberry...

Je commence avec ce post à mettre en ligne certains travaux d'étudiants du MDC dont je trouve qu'ils sont fort pertinents. En l'occurrence, il s'agit d'une analyse de la marque Blackberry faite par Malek Barkia et Vincent Berdillon. L'objectif du travail était d'analyser l'ADN d'une marque et de définir si ses attributs communiquaient correctement ledit ADN.

Leur travail est réellement bon et je leur ai donc demandé de le résumer en huit pages afin de le mettre en ligne. De manière évidente, ce format ne met pas en valeur la recherche menée et les résultats. Il faudrait pour cela mettre en ligne la totalité de la présentation et qu'ils soient en mesure de la présenter, ce qui n'est pas envisageable. Pour autant, cela amène réflexion, et je serais ravi d'échanger sur le sujet.

Evidemment, selon la formule consacrée, la recherche ne représente pas les opinions de l'école mais celles des rédacteurs (qui seront ravis de défendre leur point de vue)

A lire ici

lundi 1 mars 2010

Payez les designers !!!!!!!!!!

ou... designers, apprenez à facturer !!!!!

A force d'entendre des créatifs se plaindre de leur niveaux de rémunération, j'ai eu envie de faire un petit topo sur leurs modalités de paiement de leurs services.

Le premier point, qui me paraît le plus important est que la reconnaissance du travail de designer passe par sa facturation. Partant de là, les premiers responsables de la difficulté à mettre en place des relations business saines avec les entreprises sont évidemment les designers qui font un "petit logo rapide pour pas très cher" ou qui travaillent pour "le cousin de ma grand-mère" pour lui rendre service. Je ne vais pas faire non plus une tirade sur les innombrables histoires de jeunes diplômés qui se mettent à la maison des artistes et qui, pour gagner des affaires tirent drastiquement les prix à la baisse. Une seule remarque ici: la perception que l'acheteur aura de votre expertise est corrélée à ce qu'il va débourser, cette pratique faisant donc plus de mal qu'autre chose. Et quand on voit les chiffres d'affaires de certaines agences, à n'en pas douter, de nombreuses entreprises sont prêtes à payer au juste prix.

Passé ce petit coup de gueule envers les pratiques de certains designers, on peut se tourner vers le deuxième point et détailler quelque peu les processus de paiement:

1. Tout d'abord, les montants et la typologie des paiements seront évidemment fonction des types de droits cédés. A titre d'exemple, céder un droit d'auteur ou une marque n'est pas la même chose. Et céder un droit d'auteur en demandant à ce que soit inscrit "design by Nicolas Minvielle" sur le produit n'est pas non plus la même chose !!!. Encore une fois, les designers ont tendance à penser que c'est l'entreprise qui leur apporte beaucoup alors que ce "design by" a de plus en plus de pouvoir et pas uniquement auprès des journalistes de Elle Déco (humour). On peut donc envisager un montage du type Honoraire pour droit d'auteur et Royalties pour utilisation du nom. C'est un système très proche de celui en cours dans la mode , mais à terme, il est peut-être même envisageable que des designers ne fassent que licencier que leur marque et dessinent de moins en moins. Mais là, c'est sujet tabou :). En attendant, il faut juste savoir que les typologies de rémunérations varient dès que l'on a ce type de pratiques.

2. Ceci m'amène à ce qui est écrit dans le contrat qui est souvent signé de manière assez légère par les designers... Si vous cédez les droits afférents à un dépôt de dessins et modèles, vous ne pouvez évidemment demander à être payé qu'au regard de la zone géographique déposée. Exemple : je demande 3% de royalties sur la licence d'un dessin et modèle que j'ai déposé à l'INPI. Ne vous étonnez pas de recevoir des royalties ridicules dans la mesure où les droits sont afférents à un dépôt uniquement français ! On comprend alors l'intérêt de commencer avec le droit d'auteur , et à ne rajouter les couches de protection qu'une fois ceci fait. Dans le même ordre d'idées, la durée des droits portant sur un dessin et modèle est de 25 ans, contre 70 ans après la mort pour le droit d'auteur !! Attention donc lorsque l'on veut faire bien et qu'on le dit "les droits cédés sont ceux afférents au dépôt de D/M cité dans l'annexe"...

3. Les typologies de paiement sont nombreuses mais elles ont toutes un intérêt et surtout, elles peuvent être mixées:

(i) le forfait: pour un montant X, je vous dessine Z

(ii) les honoraires: je prends X euros de l'heure pour dessiner Z

(iii) les royalties: en échange de X% sur chaque produit vendu, je vous dessine Z

(i) Le forfait est évidemment le plus utilisé car il est rassurant pour les entreprises. Toute la discussion tourne alors autour du devis: à combien d'itérations, de couleurs, de 3D donnent droit le paiement du montant X?

(ii) Les honoraires ou facturations à l'heure sont à déconseiller. Ce système de Time Sheet à l'américaine a tendance à rappeler aux clients la facturation de leurs avocats et le flou fort artistique que ces derniers entretiennent au sujet des heures réellement passées. Cela marche bien avec des clients habitués à payer des bureaux d'études d'ingénieurs à l'heure, mais sinon ce système est à prendre avec des pincettes...

(iii) En ce qui concerne les royalties, il s'agit d'un système que je trouve extrêmement intéressant et qui est encore très méconnu. Le principe est simple: après avoir défini une base de calcul avec le client, le designer touche un pourcentage. Il peut s'agit du nombre de produits vendus, de leur prix etc. mais le plus simple est de partir sur le prix de vente net sorti d'usine. Cela évite d'avoir une entreprise qui vous annonce qu'elle a des problèmes de consolidation des ventes et qu'avec les promos de Noël, les montants ont baissé...

On peut évidemment mixer les typologies de paiement en partant par exemple du principe que la partie créative sera "offerte" au travers d'un paiement par royalties tandis que le coût de développement du produit sera facturé au forfait. D'une manière générale, quand on commence à faire rentrer des royalties dans le calcul, la véritable question est évidemment d'être en mesure d'évaluer les ventes du produit. Une entreprise n'a d'intérêt à recourir aux royalties qui si ces sommes sont inférieures à un paiement plus classique. A l'inverse, il s'agit d'un bon outil d'aide à la vente pour le designer (ne pas se faire payer directement comme preuve d'engagement et de conviction dans la validité du produit). Partant de là, la possibilité pour un designer de faire une réelle innovation sur un marché doit être un critère clé lors du choix de cet outil: "oui je peux mieux faire et les ventes seront donc corrélées".

Un dernier point dont on parle très peu mais qui ne manquera pas d'arriver sur les tables de négociation à moyen terme: l'engagement au résultat. Cela existe déjà dans la pub, alors on peut tout à fait imaginer que les designers soient payés par un fixe ou une royaltie minimale et que cette dernière augmente en fonction de l'évolution des parts de marché, de la presse générée ou de l'évolution de la notoriété de la marque.

Un petit topo rapide sur les modalités de paiement donc, mais la réelle conclusion est qu'avec ces possibilités, il serait dommage de continuer à facturer peu ou pas cher, ce qui nuit à la profession alors que l'on peut imaginer des royalties variables ou des engagements au résultat (entre autre possibilités).

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