La strategie du design

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 18 juin 2009

UNE COLLECTION SUR LE DESIGN ...

C'est officiel, je suis conseiller éditorial d'une collection sur le design et l'innovation lancée par De Boeck.

Un objectif simple: traiter la problématique du design en entreprise sous toutes ses coutures et les premières publications en mars 2010 :) :)

mardi 16 juin 2009

CA Y EST ....

le wiki du design est en ligne

Les choses bougent, c'est bien !!!!

lundi 15 juin 2009

Pourquoi les produits se ressemblent-ils tous ?

Certainement pas à cause des designers LOL. En fait, tout simplement car c'est on ne peut plus rationnel pour une entreprise qui souhaite maximiser ses parts de marché (j'insiste sur le terme, par opposition à une stratégie de profit...)

Petite démonstration avec un jeu (candidate convergence) fait avec 200 étudiants (par groupe de 40).

Le cadre est le suivant:

1. Tous les étudiants disposent d'une carte sur laquelle est marquée leur utilité. (Exemple: "10" pour le joueur 1 et "78" pour le joueur 2). Ces montants représentent donc leur préférence sur une échelle allant de 0 à 100.

2. Deux candidats sont nommés au hasard et doivent se débrouiller pour gagner le marché. Pour ce faire, ils doivent annoncer une position (une offre). Les étudiants votent ensuite à main levée pour chaque candidat. Celui qui gagne reste et est challengé par un nouveau candidat choisi au hasard. (évidemment, on vote en fonction de la maximisation de ses gains individuels, pas de la tête du candidat...)

3. La méthode de calcul du gain est simple: on estime que l'utilité du produit offert et de 50. Les étudiants doivent alors déduire de 50 la valeur absolue de : (leur utilité - la proposition du candidat). Donc, si le candidat propose 70, et que j'ai une utilité à 30, j'ai (-40) (ou 40 puisque c'est en valeur absolue), que je vais déduire de 50. J'obtiens alors 10 en votant pour le candidat qui propose 70. Ce qui est rationnel si le deuxième candidat avait proposé 80, auquel cas il ne me serait rien resté...

Jusque là, le principe est simple et on comprend rapidement qu'il s'agit de choisir le candidat qui permet de minimiser la différence entre la valeur du produit (50) et mon utilité personnelle.

Les résultats sont d'ailleurs à l'aune de la réflexion puisqu'au bout de quelques tâtonnements, les candidats trouvent rapidement ce qui n'est en fait que la médiane et n'en bougent plus (donc le même candidat ou la même entreprise reste en place pendant plusieurs tours...)

Je joins un graphique obtenu en cours pour plus d'explications:

candidate convergence

En rouge la position du gagnant, en bleu celle du perdant et en vert la médiane.

Evidemment, les cartes étaient distribuées à l'avance de telle manière que la médiane était connue. Ainsi, du premier au cinquième tour elle est à 65, tandis qu'après elle est à 50.

On voit rapidement certains aspects critiques apparaitre:

1. Les candidats "tâtonnent", puis arrivent rapidement à l'équilibre (on le voit bien sur la chute des courbes après le cinquième tour où ils "courent" après la médiane.

2. Une fois arrivé à la médiane, celui qui est sortant garde le marché (il annonce son offre en premier, laissant le challenger s'adapter... Dans la vraie vie, on parlerait de premier entrant sur un marché et cela pose bien évidemment la question du suiveur)

Tout cela n'est pas sans poser de problèmes éthiques:

1. Si l'on se limite à un pur aspect de maximisation des part de marchés (être élu dans le cadre du jeu), il est préférable de mettre en place une offre médiane. On imagine bien que socialement cela a des limitations importantes.

2. A l'inverse, un candidat ayant une offre différente peut tout à fait satisfaire certains clients mais sans gagner le marché. Dans ce cas, on devient comme Apple sur le marché de l'ordinateur portable: on peut gagner de l'argent mais sur une niche. (en attendant que les préférences des clients évoluent parcequ'on est vraiment bon?)

Bref, une petite explication du pourquoi les marketeurs sont souvent aussi risk adverse et pourquoi on en arrive à des produits aussi banalisés (ou qui évoluent à la marge autour d'une offre type).

J'en profite pour rebondir sur l'article écrit pour marketing grandes écoles et parlant du lien entre le marketing et le design: il est possible de répondre à cette médiane en transformant le produit afin de le différencier tout en gardant l'ADN intact. Et là pour le coup, l'aspect risk adverse d'une certaine forme de marketing pourrait être géré tout en offrant de réelles possibilités en termes de créativité...

PS: un grand merci à mes étudiants pour leur participation et leur entrain :)

vendredi 12 juin 2009

La décoration ...

Un court article sur la décoration dans lequel je tente de souligner le fait qu'il s'agit d'une pratique qui doit absolument être considérée de manière holistique et non pas juste du point de vue de la forme (utilisation récurrente et limitative des sens visuels et à la limite du toucher mais pas réellement du reste...)

design des lieux d'accueil

mercredi 10 juin 2009

Le wiki est lancé...

... c'est pour demain : voir ici

samedi 6 juin 2009

Quel avenir pour le marketing ?

Ou, dit autrement: le marketing est-il mort?

 

Certainement pas, mais il va lui devenir absolument nécessaire d’évoluer très rapidement afin de renouer le lien avec les consommateurs.

Je commence le post par une petite vidéo qui a à peu près fait le tour du monde et qui dresse de manière amusante un constant quelque peu accablant.

Par contre, la réponse à la problématique est quasi-absente dans la video, ce qui m’amène à mettre en ligne un autre article écrit en collaboration avec Charles Edouard de Surville de Get Sound et dans lequel nous essayons de démontrer que, dans un univers absolument saturé de sens, si l’on veut recréer du lien, on doit commencer par ne plus essayer de se faire entendre (et donc d’en rajouter…) mais bien plutôt de créer les conditions dans lesquelles une marque peut être entendue.

En d’autres termes, être voyant ne veut pas dire être vu, loin s’en faut...

 

le design sensoriel

jeudi 4 juin 2009

Devenir une star du design….. quid des fashion leaders ? Bis :)

Prof Z (un des blogs où il contribue ici) a écrit un long commentaire dans le premier post portant sur les fashion leaders et il y a un certain nombre de points qui méritent peut-être d'être développés.

1. Chaque designer se construit en opposition avec un autre. La réponse est évidemment oui, et en poussant le bouchon, on pourrait même parler de territoire de marque. Tenter d'exister exactement sur le même créneau créatif qu'un autre apparaîtra rapidement à tout le monde comme un non sens en termes de ... créativité. Sur ce sujet (partage des territoires de marque et leurs récits, Lewi a fait une très bonne analyse). On peut aussi éventuellement jeter un oeil à l'article sur les designers stars dans décisions marketing.

2. Pour les instances validatrices, elles sont nombreuses, tant en France qu'à l'étranger, mais elles n'ont d'intérêt que dans le cadre d'une stratégie de carrière. Devenir design manager ou le roi de l'édition n'implique évidemment pas le recours aux mêmes outils... D'un côté, le Red Dot ou les étoiles du design seront parfaites tandis qu'une simple coopération avec un éditeur Italien peut suffire dans le deuxième cas. Partant de là, c'est comme pour tout (et notamment la marque...) on commence par définir un dessein puis les outils à mettre en place. Quand à savoir pourquoi il y a plus de designers belges à Milan, je ne suis pas sûr que ce soit réellement la question étant donné le nombre important de réponses que l'on peut apporter. Quoi qu'il en soit, il me paraît difficile (en l'état) d'en tirer comme conclusion que les designers français sont moins connus que les belges ou qu'il faudrait qu'ils y soient plus présents. Ceci dit, je serais ravi d'en discuter.

3. Comme dit dans d'autres posts, je ne peux évidemment pas développer sur la stratégie de Starck, mais deux points tout de même: (i) je doute que la plus grande invention de Starck soit son nom. On peut tout de même lui attribuer beaucoup d'autres choses (et accessoirement, ce serait limiter sa créativité au privilège de la naissance ;) ) et (ii) limiter la marque de Matali à une stratégie capillaire me paraît être un peu poussé. Même si l'on sait (Jaime Hayon en lapin rose...) que cela peut dans un premier temps attirer l'attention des médias, il faut tout de même avoir un minimum de capacités pour perdurer dans ce milieu, et cela fait longtemps qu'elle est là donc...

Bref, un sujet passionnant (je trouve) et un article de recherche écrit qui est en cours d'évaluation. S'il est accepté, je reviens sur le sujet :):):).

mercredi 3 juin 2009

C'est beau...

Lire la suite...

mardi 2 juin 2009

Le design est-il mort ?.... ou la relation tumultueuse entre le design et le marketing

design et marketing

Clément (voir son blog ici) se demandait dans un commentaire si ces annonces récurrentes de « mort du design » étaient le fait de chercheurs voulant se faire peur ou d’une incompréhension. En l’occurrence, je pense que cela a juste à voir avec une totale inculture de la part de nombreux chercheurs et managers. Après être allé faire un tour sur son blog, j’ai vu qu’il parlait de la thèse de Nabil portant sur les liens entre le marketing et le design dans laquelle ce dernier explique que les deux pratiques sont évidemment complémentaires, ce à quoi on ne peut qu’adhérer !!

Je n’arrive toujours pas à comprendre comment on peut encore continuer à penser que le design est une mode ou meme un symbole du consumérisme actuel, comme certaines personnes n’hésitent pas à l’annoncer régulièrement. A titre d’exemple, j’ai suivi une conférence dans une école de commerce parisienne (dont je tairais le nom) pendant laquelle un chercheur stigmatisait le design comme étant à l’origine de l’obsolence programmée que l’on connait dans le secteur des machines à laver. (sic).

En d’autres termes, parce qu’ils dessinent de jolis produits qui changent régulièrement de forme ou de couleur, les designers inciteraient les clients à jeter puis acheter de nouvelles machines. Evidemment, quand j’entends des âneries de cet acabit, cela me donne de l’urticaire :

1. Depuis Ralph Nader, cela fait quelques temps que l’obsolescence mécanique est scrutée par les associations de consommateur et quand bien même elle existe, elle est bien plus limitée que ce conférencier aurait bien voulu le laisser penser

2. Du point de vue de l’obsolescence esthétique, j’ai un léger doute sur le fait que le ménage moyen jette sa machine à laver une fois qu’un nouveau modèle sort… Je veux bien parler de Blackberry ou d’un IPhone mais une machine à laver ???

3. Quand bien même cette obsolescence esthétique existerait, je ne vois pas en quoi elle serait totalement imputable à la pratique des designers. Après tout, ce n’est pas eux (que je sache J ) qui font les segmentations clients et les briefs. Alors les charger de tous les maux actuels….

Par contre, il y a un point qui doit être résolument souligné : le lien entre le marketing et le design ne peut créer de la valeur que lorsque l’on permet au design de réellement travailler et réfléchir. Je veux dire par là que lorsque le marketing considère les designers comme de simples exécutants, on se trouve évidemment avec de purs produits de consommation (au sens totalement négatif du terme). A l’inverse, lorsque l’on laisse les designers adapter et transformer le dessein de l’entreprise, on voit des choses assez intéressantes se développer. Et là pour le coup, on peut se tourner vers de la conception de pratiques ou d’usages plutôt qu’une approche purement formelle qui n’est pas (faut-il encore le répéter ??) représentative du design.

Comme ce sont des sujets qui me touchent, j’avais écrit un article sur le lien entre le marketing et le design qui sort dans Marketing Grandes Ecoles et qui tombe absolument à pic. En espérant qu’on pourra relancer un peu le débat de manière plus positive  et que cet aspect de TRANSFORMATION de la pratique design sera enfin pris en compte à sa juste valeur (pour convaincre les incrédules, regardez les photos qui trainent sur le net de l’expo So Watt ?)

lundi 1 juin 2009

Devenir une star du design….. quid des fashion leaders ?

je reviens rapidement sur le post de la star du design au vu de certaines questions qui m'ont ete posees depuis.

Comme les deux cascades le montrent bien, elles peuvent perdurer, mais elles peuvent aussi changer du tout au tout. La question qui se pose alors est de savoir comment on peut passer d'une cascade positive a une negative et vice-versa. La reponse est malheureusement extremement basique dans la mesure ou pour ce faire, il suffit d'avoir un ... fashion leader. Dans la salle de cours, ce sera un etudiant credite d'une certaine aura et il en va de meme dans la vraie vie.

On a ainsi un certain nombre d'acteurs qui peuvent, au travers d'une simple annonce faire evoluer des cascades entieres (on peut faire le test tres simplement en simulant quatre reponses allant l'encontre des choix precedents. Dans l'immense majorite des cas, la cascade change de signe...). Dans le cas du design, la situation est exactement la meme.

Partant de la, gagner un annonceur de taille importante ou reconnu comme ayant une bonne pratique du design est encore le meilleur moyen (lorsque l'on est une agence bien sur) d'emettre un signal fort sur le marche et de lancer une cascade en sa faveur.

mardi 26 mai 2009

Je suis tombé amoureux...

... d'une voiture...
 D'habitude je roule en 2CV, pour de nombreuses raisons, mais là, si la voiture était dispo (et que j'avais les moyens...), je dirais OUI !!!! 
En l'occurrence, il s'agit de la GINA, un concept car de BMW qui a déjà un an, mais qui me laisse toujours aussi rêveur. 
Tout en étant aussi machiste que d'habitude du point de vue formel, il y a tout de même une très belle approche du point de vue des matériaux et j'ai presque envie de dire en termes humain.
 Pour le coup, on voit vraiment à quoi pourrait ressembler le futur :):):)  

lundi 18 mai 2009

Devenir une star du design….. ou le rôle des cascades informationnelles

Un titre volontairement accrocheur mais une démonstration qui, je l’espère, sera parlante. Vu mon passé professionnel, la question de savoir comment on devient une star du design est évidemment prégnante LOL

Pour être très honnête, la question est évidemment complexe et mériterait qu’on y consacre un ouvrage. Ceci étant dit, on peut peut-être essayer de tenter de donner quelques réponses, notamment quant à la raison pour laquelle, lorsque certaines personnes commencent à obtenir un statut de « star », il leur est (normalement) aisé de le garder. Donc, je ne me pose pas ici la question de savoir comment on arrive à la première étape de « j’ai un statut de star », mais bien ce qui fait qu’il y a un tel « trustage » de ce statut par un nombre limité de personnes ou d’agences.

Pour la démonstration, je vais recourir à un exercice que je fais faire à mes étudiants d’économie et qui est connu dans la littérature comme visant à démontrer l’existence de cascades informationnelles. Le principe est assez simple :

1. On prend deux urnes

2. On met deux boules noires et une blanche dans l’urne A

3. On met deux boules blanches et une noire dans l’urne B

Une fois ce point expliqué, j’explique aux étudiants que je vais choisir une urne au hasard (admettons que je tire la A, donc deux noires et une blanche), et que je vais leur demander de venir tirer, les uns après les autres, une boule dans l’urne choisie. Ils ne doivent évidemment pas montrer ce qu’ils ont tiré aux autres, et ensuite remettre la boule dans l'urne.

A partir de cet instant, on arrive au cœur du problème : le premier étudiant vient, tire une boule. Admettons qu’il tire une blanche. Un a priori (rationnel puisque la proba de tirer une blanche est plus élevée dans l’urne B…) veut qu’il pense qu’il a affaire à l’urne B (on se souvient qu’il s’agit en fait de la A). Il inscrit sur une feuille à côté de l’urne son choix : Urne B. Ce point est fondamental dans la mesure où les deux seules informations disponibles aux personnes suivantes sont alors:

1. La couleur de la boule qu'ils viennent de tirer (noire ou blanche)

2. Le(s) choix du (des) joueur(s) précédent (s)

Le deuxième étudiant vient alors tirer une boule. Pour peu qu’il tire de nouveau une blanche et qu’il obtienne une forme de confirmation en voyant que le premier étudiant a écrit penser faire face à l’urne B, il va lui aussi penser qu’il est face à l’urne B. Et voilà, la cascade (fausse puisqu’il s’agit de l’urne A…) est lancée. Pour faciliter l’explication, je mets ci-dessous deux cascades qui ont eu lieu en cours. Lorsque les points ont une valeur de 1, c’est que les étudiants ont choisi la bonne urne. Quand ils ont une valeur de -1, c’est qu’ils ont choisi la mauvaise…

Je commence volontairement pas une « bonne cascade ». Le premier étudiant a choisi de dire B au lieu de A car il a tiré une blanche (ce qui, encore une fois, est rationnel en termes de choix au vu de ses seuls informations : la couleur de la boule qu’il vient de tirer et sa probabilité d’occurrence dans le cas de l’urne B).

Par contre, dès le deuxième étudiant (qui tire une noire), tous annoncent l’urne A. Tout le monde n’a évidemment pas tiré une boule noire, il y a donc eu un effet de cascade très lourd. « Coup de bol » ici, la cascade se fait sur la bonne urne…



CI2

Par contre, dans la cascade qui suit, les choses sont moins glorieuses :

Encore une fois, le premier étudiant (qui a décidément un rôle prépondérant) fait un choix avec ses seules données et n’est pas suivi par les autres. Par contre, juste après lui, on voit une belle cascade apparaître où … tout le monde a tort (sic).

CI1

On comprend évidemment l’intérêt du jeu dans un cours d’économie ou pour l’analyse des marchés financiers. Si on remet la démarche dans le cas du design et de l’existence de « marques du design », que peut-on en dire ?

1. Dans le jeu, au moment de faire le choix, il y a un arbitrage à faire entre « j’ai tiré une boule blanche et je devrais dire Urne B » et « dix personnes avant moi ont choisi d’annoncer Urne A , ils doivent avoir raison car ils ont tous du tirer une noire ». Or, si le dixième joueur pense ca, on peut imaginer que c’est le cas du 9ème, ou du 8ème, ou du 7ème etc.

2. Ce point qui, présenté comme cela, n’a l’air de rien, permet d’expliquer pourquoi certaines agences ou designers ont des clients récurrents dans certains secteurs : un acheteur de design n’y connaissant rien n’a que très peu d’infos sur les agences potentielles. Soit il connait le marché et fait son choix en connaissance de cause, soit il ne le connait pas et donc, il va regarder… les clients précédents des agences. Le raisonnement étant « s’ils bossent avec X et qu’ils continuent, c’est qu’ils en sont contents… Je suis donc rassuré et je peux y aller…»

3. On est là en pleine cascade dans la mesure où le fait d’avoir un client récurrent ne veut pas dire qu’il n’existe pas de meilleure agence à côté (ni même d’ailleurs que les acheteurs concurrents soient contents de leurs choix précédents….) C’est juste la perception qu’ont les acteurs (les acheteurs en l’occurrence) d’un marché qui les amènent à reproduire des choix menés précédemment par les autres acteurs.

4. On retrouve ici beaucoup de choses, notamment une analyse potentielle en termes de coûts de transaction : « combien de temps cela va-t-il me prendre et combien cela va-t-il me coûter avant d’être en mesure de me faire une idée personnelle de la qualité des agences auxquelles je fais face ? » A priori, il est plus simple de se baser simplement sur les choix des précédents acteurs….

Les quatre points précédents visaient à mettre en perspective la raison pour laquelle une agence ou un designer pouvait gagner successivement un nombre important de clients et donc pérenniser son statut sur un marché. On pourrait ici rajouter une remarque toute simple :

1. Les étudiants n’avaient ici le choix qu’entre trois boules. On aurait pu en mettre plus et rajouter des couleurs

2. Du coup, pour être choisi il faut évidemment faire partie de « l’urne » des acheteurs potentiels de design. Et ca, ce n’est possible que si on est visible sur un marché (simple question d’asymétrie d’infos). Alors Messieurs les designers, je vous en supplie, ce n’est pas parce que vous être (re)connus dans le milieu du design que vous êtes pour autant visibles par les acheteurs… (qui a déjà vu un responsable marketing d’une PME de 500 millions d’€ sur le stand du VIA ???)

3. PS : Pour que les choses soient claires, je ne dis pas qu’il ne faut pas passer par les instances « validatrices » du design (au contraire, elles permettent d’arriver au statut du designer star dans un premier temps) mais que cela ne suffit pas si on veut vendre ses prestations derrière au vu de la concurrence existant sur ce marché…

mercredi 13 mai 2009

Prototypage rapide...

La techno est bien connue des designers et des ingénieurs, mais pas tellement des marketeurs. Je mets donc en ligne une vidéo qui présente lesystème chez BMW et son intérêt. 
En l'occurence, les rendus 3D sont de beaux outils aidant à la vente de design, mais venir avec un beau proto est pas mal non plus... Un post à écrire un jour sur la compréhension que les marketeurs ont des rendus des designers et sur la nécessité de solliciter plus de sens que simplement la vue :):):)

samedi 9 mai 2009

Design et presse numérique...

Je mets en ligne les vidéos de la conférence organisée par Peter Gabor et portant sur le design de la presse numérique. 
De très bons intervenants et des questions fondamentales qui sont abordées avec Brio. 
Bref, à voir! 

mercredi 6 mai 2009

Boutique Hotel et design: la norme du futur?

Boutique Hotel

Parmi les centaines de choses que je trouve profondément énervantes, il y en a une qui me paraît particulièrement désagréable: entendre certains chantres annoncer la disparition du "design" car.... on voit trop d'objets dits "design".

Encore une fois, un produit "design" n'est qu'un exemple type de ce que la multitude de pratiques design peut créer!!!!!

Partant de là, quand je vois certains chercheurs américains annoncer la fin du boutique hotel suite au fait qu'il existe trop de lieux "blancs immaculés", je suis furieux tant la remarque relève du non-sens le plus complet.

Du coup, j'ai écrit un court article pour Ehlite que je mets à disposition et qui, je l'espère règle la question (ce n'est pas l'article final, il faudra excuser les mauvaises attributions de marques, mais le coeur y est).

mercredi 29 avril 2009

Programme Court Design

Un jeune designer de l'ENSAD, Pierre Lota vient de me faire parvenir une vidéo que je trouve rafraîchissante par ces temps de crise. 
On l'y voit en train de créer quelques objets simples et drôles, ce qui est déjà beaucoup en soi ! Sans juger des produits eux-mêmes, ce type de démarches DIY est assez représentative de l'esprit de remise en question qui irrigue la pratique du design et qui manque tellement dans nos écoles de commerce. 
Peut-être que ce type d'exercices devrait être rendu obligatoire.... :):):):) 

dimanche 26 avril 2009

Le wiki du design

Décidément, ca bouge dans le design!!!

Une nouvelle initiative dont il faut absolument parler: le lancement d'un wiki du design. Toutes les infos sur le blog du projet

Autant le dire, pour une fois on peut être vraiment fiers dans l'hexagone, c'est un superbe projet.

On notera aussi avec plaisir la diversité des profils ayant participé à ce développement!

jeudi 23 avril 2009

Rencontrer des éditeurs italiens !!

Une belle première de la part de la CCIP qui organise une présentation du design français aux éditeurs Italiens du 9 au 11 novembre 2009.

Je joins la fiche descriptive ici..

Je salue très sincèrement l'initiative qui, en sus de ne pas être évidente techniquement, est fort courageuse politiquement. Certaines associations françaises de l'ameublement risquent de ne pas forcément apprécier la démarche.

C'est oublier que (i) les italiens n'hésitent pas à se faire éditer chez nous (preuve que nous avons de bons éditeurs...) et (ii) que la notoriété offerte par certaines maisons italiennes reste extrêmement importante. Passant par là, éditer chez eux est une (très) belle preuve d'expertise et souvent un beau tremplin dans une carrière de designer.

Alors si c'est possible autant le faire.

PS: bravo et merci...

mercredi 22 avril 2009

Master marketing design et création

Une bonne nouvelle récemment car je viens de prendre la suite de Jean Pierre Matthieu à la direction du master marketing design et création d'Audencia qu'il avait créé bien avant que tout le monde ne se pose des questions sur le design.

La première formation à mettre ensemble des managers, des ingénieurs et des designers pour... qu'ils apprennent à se connaître. Le tout au service de l'entreprise... Un bel outil dont j'espère qu'il pourra aider tout ce petit monde à enfin apprendre à se connaître et à communiquer.

jeudi 16 avril 2009

Le marché du design...

Il s'agit là d'un sujet éminemment complexe au vu... de la quasi inexistence d'informations ou plutôt de leur diversité. Je l'avais déjà souligné dans le post précédent: les données internationales ne permettent pas de comparaisons en tant que tel et il faut pousser l'analyse pour essayer d'en tirer quelque chose de valable.

Une telle analyse n'est pas l'objet du post, mais on peut quand même essayer de faire une photographie rapide:

1. L'offre de design est constituée des agences (les plus visibles) mais aussi... des cellules internes. Certaines de ces dernières (Philips, la Happy attitude de Faurecia etc.) commencent d'ailleurs à essayer de développer une offre externe. Il y a sûrement un avenir de ce côté, ne serait-ce que sur la base de leur expertise technique au sein d'un secteur. Tendance de fonds ou pas, difficile de dire, mais il y a des signaux en faveur de cette approche.

2. Du point de vue de l'économiste, qualifier le marché du design relève de la gageure: d'un côté l'on a une petite vingtaine d'agences (la plupart sont membres d'ADC) qui font quasiment 20% du CA de l'offre et de l'autre, une multitude d'acteurs qui génèrent des chiffres extrêmement faibles et qui se partagent les 80% restants (on pensera au chiffre de 4.500 agences avancé par l'APCI en 2002...)

3. Dernier point: le nombre d'entrants et de sortants sur le marché est élevé (voir la thèse de Bérangère Szostak-Tapon sur ce sujet)

En conclusion rapide, nous avons donc affaire à un marché atomisé, dont une part du revenu est capté par quelques (très) grosses agences et sur lequel il y a peu de barrières à l'entrée mais par contre de véritables barrières à la croissance....

- page 1 de 6