Prof Z (un des blogs où il contribue ici) a écrit un long commentaire dans le premier post portant sur les fashion leaders et il y a un certain nombre de points qui méritent peut-être d'être développés.

1. Chaque designer se construit en opposition avec un autre. La réponse est évidemment oui, et en poussant le bouchon, on pourrait même parler de territoire de marque. Tenter d'exister exactement sur le même créneau créatif qu'un autre apparaîtra rapidement à tout le monde comme un non sens en termes de ... créativité. Sur ce sujet (partage des territoires de marque et leurs récits, Lewi a fait une très bonne analyse). On peut aussi éventuellement jeter un oeil à l'article sur les designers stars dans décisions marketing.

2. Pour les instances validatrices, elles sont nombreuses, tant en France qu'à l'étranger, mais elles n'ont d'intérêt que dans le cadre d'une stratégie de carrière. Devenir design manager ou le roi de l'édition n'implique évidemment pas le recours aux mêmes outils... D'un côté, le Red Dot ou les étoiles du design seront parfaites tandis qu'une simple coopération avec un éditeur Italien peut suffire dans le deuxième cas. Partant de là, c'est comme pour tout (et notamment la marque...) on commence par définir un dessein puis les outils à mettre en place. Quand à savoir pourquoi il y a plus de designers belges à Milan, je ne suis pas sûr que ce soit réellement la question étant donné le nombre important de réponses que l'on peut apporter. Quoi qu'il en soit, il me paraît difficile (en l'état) d'en tirer comme conclusion que les designers français sont moins connus que les belges ou qu'il faudrait qu'ils y soient plus présents. Ceci dit, je serais ravi d'en discuter.

3. Comme dit dans d'autres posts, je ne peux évidemment pas développer sur la stratégie de Starck, mais deux points tout de même: (i) je doute que la plus grande invention de Starck soit son nom. On peut tout de même lui attribuer beaucoup d'autres choses (et accessoirement, ce serait limiter sa créativité au privilège de la naissance ;) ) et (ii) limiter la marque de Matali à une stratégie capillaire me paraît être un peu poussé. Même si l'on sait (Jaime Hayon en lapin rose...) que cela peut dans un premier temps attirer l'attention des médias, il faut tout de même avoir un minimum de capacités pour perdurer dans ce milieu, et cela fait longtemps qu'elle est là donc...

Bref, un sujet passionnant (je trouve) et un article de recherche écrit qui est en cours d'évaluation. S'il est accepté, je reviens sur le sujet :):):).