La strategie du design

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lundi 26 juillet 2010

Communication sur les prix...

prix leroy merlin

Il y a des fois où l'on se pose réellement des questions sur l'appréhension que certains départements marketing se font de leurs clients.

Exemple type avec une enseigne de bricolage où je passe ma vie en ce moment pour cause de travaux, et qui communique depuis un an sur trois niveaux de prix. Le sous-entendu étant ici plus que simpliste: le produit le moins cher est dédié au bricoleur du dimanche pour qui la qualité n'a que peu d'importance et ainsi de suite.

Une petite galipette réthorique qui permet de masquer le fait que le prix n'est que rarement un réel indicateur de la valeur technique des produits, et surtout qu'un tel habillage permet de conserver intact sa gamme et son price-mix (voire de les justifier), en venant simplifier à l'extrême une offre. Ou comment, en ne changeant rien, tenter d'instaurer une relation de proximité avec ses clients au travers d'une offre soi disant dédiée.

Dans le même ordre d'idées, j'en profite pour rappeler que tous les dispositifs de communication annonçant "si vous trouvez moins cher ailleurs, nous vous remboursons" ne visent évidemment pas à venir garantir et préserver un positionnement low cost. Au contraire, il s'agit là d'un excellent moyen, sans entente, de figer les prix sur une même zone de chalandise.

Exemple: une zone de chalandise donnée représente un marché de 10 millions d'€. Deux enseignes sont présentes sur cette zone. Imaginons que l'enseigne A décide baisser les prix afin de capter quelques consommateurs hésitants. Elle escompte augmenter malgré tout son CA dans la mesure où la baisse de prix devrait être compensée par la hausse du nombre de clients.

Une stratégie pour l'enseigne B pourrait alors être d'aligner ses prix, mais cela ne serait guère adéquat, car la situation globale serait alors un marché dont la valeur globale baisserait, et des clients qui reviendraient alors à des critères de choix autres que le prix pour faire leur sélection.

Pour éviter cette situation, il suffit à l'enseigne B d'annoncer qu'elle rembourse la différence. L'enseigne A prend alors pleinement conscience que si elle met effectivement en place une promotion, elle sera à l'origine de la baisse du marché global, ce qui n'est évidemment pas dans son intérêt (ni dans celui de son concurrent...)

Comme quoi finalement, avoir un ADN fort et pouvoir instaurer une régime de communication basé sur ledit ADN est fondamental...

mercredi 19 mai 2010

Responsabilité, design et normes sociales

Je suis toujours un peu étonné de la position prise par certaines parties prenantes lorsqu'il s'agit de tenter de faire évoluer les comportements. Certains essaient la démarche "marketing lessivier des années 7"0 en tentant d'expliquer à quel point il est plus intéressant de faire des économies en recourant à leurs produits. D'autres expliquent qu'il s'agit là d'une démarche engagée et qu'il y a urgence.

Je ne remets pas en cause ces approches, mais je suis toujours un peu déçu du temps que met la recherche universitaire pour se vulgariser.

Prenons un exemple. Durant l'exposition So Watt d'EDF, des dizaines de produits tous plus étonnants les uns que les autres ont été présentés.Les plus intéressants à mes yeux étant ceux permettant de donner un outil aux clients pour quantifier leur consommation et donc la gérer.

so watt

horloge énergie L'approche est extrêmement pertinente mais repose malheureusement sur l'engagement personnel, et ce dernier est fort aléatoire, la littérature sur le sujet regorgeant d'exemples de passagers clandestins.

A l'inverse, plutôt que de limiter l'approche à la simple responsabilisation personnelle, il serait bien plus adéquat de mettre les comportements personnels dans une perspective beaucoup plus large. L'être humain a ceci d'étonnant que lorsque l'on compare ses activités à celles d'autres personnes, l'incitation au changement prend brusquement une toute autre ampleur....

A titre d’exemple et pour souligner ce point, dans une recherche menée en 2008, des chercheurs américains ont tenté de définir ce qui amenait des passants à donner de l’argent à une personne jouant de la musique dans le métro. Pour ce faire, ils ont analysé le pourcentage de personnes faisant un don, et ce sans que les paramètres ne soient changés. Une fois ceci fait, ils ont modifié les paramètres en demandant à un de leurs acolytes de jouer le rôle d’un faux donneur. En l’occurrence, à chaque fois qu’un passant s’approchait de la personne jouant de la musique, ledit acolyte le précédait et faisant un don. L’évolution du cadre de test peut paraître mineure, mais elle ne l’est pas lorsque l’on apprend que les passants suivant l’acolyte ont une probabilité de don qui est huit fois supérieure à celle des passants du premier groupe !!!!!

Les mêmes chercheurs ont alors essayé d’appliquer ce raisonnement aux économies d’énergie. Pour ce faire, ils ont fait une étude dans des secteurs résidentiels afin de déterminer quelles étaient les raisons pour lesquelles des habitants avaient décidé de mettre en place un système d’économie d’énergie. L’analyse des résultats, (qui étaient déclaratifs) a fait apparaître un rationnel étonnant dans la mesure où les habitants agissaient, non pas pour lutter pour l’environnement, mais car les autres habitants agissaient.

Afin de valider ce point qui à priori était quelque peu étonnant, des panneaux publicitaires furent installés dans une ville californienne pendant quatre semaines. Les publicités présentées sur ces panneaux expliquaient aux résidents que des efforts en termes d’économie d’énergie (1) permettaient d’aider l’environnement, (2) bénéficiaient à la société, (3) leur permettait d’économiser de l’argent ou, (4) étaient une pratique courante au sein de la communauté.

Les résultats obtenus en termes de baisse de la consommation sont venus clairement confirmer le fait que l’approche normative (c'est un comportement courant dans votre quartier) était la plus efficace. Dit autrement, lorsque la norme comportementale est d’économiser de l’énergie, tous les habitants ont tendance à la suivre.

Alors si l'on reprend l'exemple de l'horloge présentée plus haut, peut-être conviendrait-il de rajouter une information présentant les consommations personnelles mais aussi celles de ses voisins? Ceci pose évidemment la question de la divulgation de comportements privés mais après tout, l'écologie me paraît être une problématique suffisamment urgente pour réfléchir à toutes les solutions.

Seul petit bémol évidemment: les personnes ayant des comportements responsables et dépensant moins que les autres ne manqueront pas d'estimer qu'elles peuvent consommer un peu plus au vu des piètres résultats de leurs voisins... :):):)

lundi 1 mars 2010

Payez les designers !!!!!!!!!!

ou... designers, apprenez à facturer !!!!!

A force d'entendre des créatifs se plaindre de leur niveaux de rémunération, j'ai eu envie de faire un petit topo sur leurs modalités de paiement de leurs services.

Le premier point, qui me paraît le plus important est que la reconnaissance du travail de designer passe par sa facturation. Partant de là, les premiers responsables de la difficulté à mettre en place des relations business saines avec les entreprises sont évidemment les designers qui font un "petit logo rapide pour pas très cher" ou qui travaillent pour "le cousin de ma grand-mère" pour lui rendre service. Je ne vais pas faire non plus une tirade sur les innombrables histoires de jeunes diplômés qui se mettent à la maison des artistes et qui, pour gagner des affaires tirent drastiquement les prix à la baisse. Une seule remarque ici: la perception que l'acheteur aura de votre expertise est corrélée à ce qu'il va débourser, cette pratique faisant donc plus de mal qu'autre chose. Et quand on voit les chiffres d'affaires de certaines agences, à n'en pas douter, de nombreuses entreprises sont prêtes à payer au juste prix.

Passé ce petit coup de gueule envers les pratiques de certains designers, on peut se tourner vers le deuxième point et détailler quelque peu les processus de paiement:

1. Tout d'abord, les montants et la typologie des paiements seront évidemment fonction des types de droits cédés. A titre d'exemple, céder un droit d'auteur ou une marque n'est pas la même chose. Et céder un droit d'auteur en demandant à ce que soit inscrit "design by Nicolas Minvielle" sur le produit n'est pas non plus la même chose !!!. Encore une fois, les designers ont tendance à penser que c'est l'entreprise qui leur apporte beaucoup alors que ce "design by" a de plus en plus de pouvoir et pas uniquement auprès des journalistes de Elle Déco (humour). On peut donc envisager un montage du type Honoraire pour droit d'auteur et Royalties pour utilisation du nom. C'est un système très proche de celui en cours dans la mode , mais à terme, il est peut-être même envisageable que des designers ne fassent que licencier que leur marque et dessinent de moins en moins. Mais là, c'est sujet tabou :). En attendant, il faut juste savoir que les typologies de rémunérations varient dès que l'on a ce type de pratiques.

2. Ceci m'amène à ce qui est écrit dans le contrat qui est souvent signé de manière assez légère par les designers... Si vous cédez les droits afférents à un dépôt de dessins et modèles, vous ne pouvez évidemment demander à être payé qu'au regard de la zone géographique déposée. Exemple : je demande 3% de royalties sur la licence d'un dessin et modèle que j'ai déposé à l'INPI. Ne vous étonnez pas de recevoir des royalties ridicules dans la mesure où les droits sont afférents à un dépôt uniquement français ! On comprend alors l'intérêt de commencer avec le droit d'auteur , et à ne rajouter les couches de protection qu'une fois ceci fait. Dans le même ordre d'idées, la durée des droits portant sur un dessin et modèle est de 25 ans, contre 70 ans après la mort pour le droit d'auteur !! Attention donc lorsque l'on veut faire bien et qu'on le dit "les droits cédés sont ceux afférents au dépôt de D/M cité dans l'annexe"...

3. Les typologies de paiement sont nombreuses mais elles ont toutes un intérêt et surtout, elles peuvent être mixées:

(i) le forfait: pour un montant X, je vous dessine Z

(ii) les honoraires: je prends X euros de l'heure pour dessiner Z

(iii) les royalties: en échange de X% sur chaque produit vendu, je vous dessine Z

(i) Le forfait est évidemment le plus utilisé car il est rassurant pour les entreprises. Toute la discussion tourne alors autour du devis: à combien d'itérations, de couleurs, de 3D donnent droit le paiement du montant X?

(ii) Les honoraires ou facturations à l'heure sont à déconseiller. Ce système de Time Sheet à l'américaine a tendance à rappeler aux clients la facturation de leurs avocats et le flou fort artistique que ces derniers entretiennent au sujet des heures réellement passées. Cela marche bien avec des clients habitués à payer des bureaux d'études d'ingénieurs à l'heure, mais sinon ce système est à prendre avec des pincettes...

(iii) En ce qui concerne les royalties, il s'agit d'un système que je trouve extrêmement intéressant et qui est encore très méconnu. Le principe est simple: après avoir défini une base de calcul avec le client, le designer touche un pourcentage. Il peut s'agit du nombre de produits vendus, de leur prix etc. mais le plus simple est de partir sur le prix de vente net sorti d'usine. Cela évite d'avoir une entreprise qui vous annonce qu'elle a des problèmes de consolidation des ventes et qu'avec les promos de Noël, les montants ont baissé...

On peut évidemment mixer les typologies de paiement en partant par exemple du principe que la partie créative sera "offerte" au travers d'un paiement par royalties tandis que le coût de développement du produit sera facturé au forfait. D'une manière générale, quand on commence à faire rentrer des royalties dans le calcul, la véritable question est évidemment d'être en mesure d'évaluer les ventes du produit. Une entreprise n'a d'intérêt à recourir aux royalties qui si ces sommes sont inférieures à un paiement plus classique. A l'inverse, il s'agit d'un bon outil d'aide à la vente pour le designer (ne pas se faire payer directement comme preuve d'engagement et de conviction dans la validité du produit). Partant de là, la possibilité pour un designer de faire une réelle innovation sur un marché doit être un critère clé lors du choix de cet outil: "oui je peux mieux faire et les ventes seront donc corrélées".

Un dernier point dont on parle très peu mais qui ne manquera pas d'arriver sur les tables de négociation à moyen terme: l'engagement au résultat. Cela existe déjà dans la pub, alors on peut tout à fait imaginer que les designers soient payés par un fixe ou une royaltie minimale et que cette dernière augmente en fonction de l'évolution des parts de marché, de la presse générée ou de l'évolution de la notoriété de la marque.

Un petit topo rapide sur les modalités de paiement donc, mais la réelle conclusion est qu'avec ces possibilités, il serait dommage de continuer à facturer peu ou pas cher, ce qui nuit à la profession alors que l'on peut imaginer des royalties variables ou des engagements au résultat (entre autre possibilités).

mardi 1 décembre 2009

Coup de gueule: De la relation à la beauté et de ses conséquences sur la planète...

Caspar wolf

Pour commencer ce post, un tableau de Caspar Wolf intitulé "le glacier Lauteraar". On y distingue deux personnes sur un rocher en train de contempler les montagnes. Manifestement, le cadre bucolique prend une ampleur toute particulière pour ce couple dont on devine à son ombrelle notamment qu'il est quelque peu aristocratique. A l'inverse, le guide (local?) et son animal dédaignent cette beauté saisissante, lui tournant le dos.

Le tableau me paraît parfaitement synthétiser cette ambivalence de la relation à la beauté: une forme d'habituation semble en effet venir détruire l'intérêt et la stimulation d'un lieu ou d'un objet. A l'inverse, une aristocratie urbaine ou des plaines semble stupéfaite par la rudesse des montagnes.

Le petit souci ici, c'est que ce type d'inversions peut avoir des conséquences extrêmement dommageables pour les "autochtones". Je ne vais pas revenir sur l'aristocratie suisse, mais je vais par contre mettre en ligne une conférence faite récemment où sont présentées les conséquences désastreuses en termes économiques, sociaux et écologiques que peuvent avoir la recherche d'authenticité et de solitude de certains habitants des pays du nord.

En l'occurrence, il s'agit de touristes bien de chez nous qui partent découvrir le désert en Afrique du nord. C'est un fichier pdf et il n'y a pas le speech, mais les images me paraissent suffisamment parlantes...

dimanche 27 septembre 2009

Coup de gueule: La mort du marketing?

Impertinences 2009

Encore un titre accrocheur pour un sujet qui lui, est non seulement d'actualité, mais réellement sensible. Alain Cadix me donne une belle occasion de relancer la discussion au travers de sa dernière publication.

La démonstration est simple et bien menée: l'évolution des consommateurs les amènent à devenir des "jardiniers singuliers". Partant de là, les attributs normaux des produits tels que dictés par le marketing ne sont plus suffisants pour les satisfaire et on voit apparaitre de nouveaux produits "furtifs", "inachevés" ou "singuliers" qui viennent répondre à cette nouvelle équation.

Or, on s'en doute, ces objets sont dessinés par des designers, et la pratique courante du marketing n'a pas permis de voir venir ces changements et d'y répondre. Les designers, eux, n'ont pas eu ce problème, et ce grâce à la nature anthropocentrée de leur démarche qui leur permet de se tourner vers les pratiques et les usages (et ainsi de les remettre en cause).

Jusque là, et si l'on est un peu sensible à la pratique design, rien à redire, et on ne peut qu'espérer un "matin des designers".

Ceci étant dit, si mon coeur rêve de cette aube, ma raison est beaucoup plus précautionneuse, et ce pour un certain nombre de raisons:

1. Prédire la mort du marketing au vu du fait que les pratiques naissent dans le champ social et que le marketing n'est pas en mesure de prévoir ses évolutions est intéressant mais malheureusement pas réellement démontré. Au contraire, les entreprises ont prouvé depuis une vingtaine d'années une incroyable capacité à ingérer et à régurgiter les tendances. (Lire l'excellent révolte consommée sur ce sujet). J'aurais plutôt tendance à penser que si certaines propositions récentes qui ont été faites dans le milieu du design n'ont pas été développées, c'est que les débouchés se seraient révélés plutôt faibles (ce qui ne limite en rien leur valeur en tant que force de proposition, que les choses soient claires...)

2. Le point précédent me fait penser à une intervention du dirigeant de Matra à la fin des années 90 lorsqu'il disait qu'il était très précautionneux à l'égard des études de marché qu'il appelait "la machine à ne pas sortir les produits". J'ai toujours été étonné par cette remarque dans la mesure où le seul succès commercial de cette entreprise (qui était à de nombreux égards, d'une incroyable créativité) a été l'Espace, commercialisée par Renault... Je voulais ici préciser que la tendance de certains designers à "taper" sur le marketing et le soi-disant manque de perception et de compréhension attribué aux managers des entreprises peut faire plus de mal au design qu'autre chose.

3. Cette histoire de compréhension du milieu de l'entreprise m'amène à une autre remarque: elle est souvent le fait de "stars" du design dont les capacités de perception et de compréhension du monde actuel leur ont permis de développer des produits à succès. Or, il faut tout de même admettre que tout le monde n'est pas aussi génial, et qu'une proposition émanant d'un designer n'a pas forcément, ex nihilo, plus de valeur que celle résultant de la collaboration marketing-ingénieurs. C'est d'ailleurs une approche typiquement française, et on le ressent bien dans le dédain que se portent les stars du design et les agences plus "corporate". Je ne vais pas m'étendre sur la dichotomie de perception entre le design d'édition et celui des Saguez W/Cie, mais il y a là une forme de schizophrénie bien Gauloise.

4. Un exemple pour conclure là dessus: tout le monde parle d'Apple comme étant l'icône la plus représentative du potentiel d'une entreprise où le design est roi. Oui, mais aussi non. C'est oublier, que l'on ne crée réellement de la valeur que dans les pratiques transversales et collaboratives. En l'occurrence, on se souviendra que les premiers IPod avaient une molette qui tournait et qui n'était pas tactile. Il aura fallu la vision d'un CEO emblématique, un département d'ingénieurs dédié à la cause de la marque, des juristes habiles pour négocier des collaborations et des achats de droits, et finalement... des marketers (notamment opérationnels) habiles pour vendre et faire évoluer le produit vers ce que l'on connait actuellement.

En quelques mots: oui, le design doit et va faire évoluer les choses, oui, il doit prendre plus part aux phases amont de conception afin de ne pas limiter son travail à la partie aval qui le bloque dans un travail "stylistique", mais s'il vous plaît, pas de conflit avec les autres fonctions de l'entreprise...

mardi 2 juin 2009

Le design est-il mort ?.... ou la relation tumultueuse entre le design et le marketing

design et marketing

Clément (voir son blog ici) se demandait dans un commentaire si ces annonces récurrentes de « mort du design » étaient le fait de chercheurs voulant se faire peur ou d’une incompréhension. En l’occurrence, je pense que cela a juste à voir avec une totale inculture de la part de nombreux chercheurs et managers. Après être allé faire un tour sur son blog, j’ai vu qu’il parlait de la thèse de Nabil portant sur les liens entre le marketing et le design dans laquelle ce dernier explique que les deux pratiques sont évidemment complémentaires, ce à quoi on ne peut qu’adhérer !!

Je n’arrive toujours pas à comprendre comment on peut encore continuer à penser que le design est une mode ou meme un symbole du consumérisme actuel, comme certaines personnes n’hésitent pas à l’annoncer régulièrement. A titre d’exemple, j’ai suivi une conférence dans une école de commerce parisienne (dont je tairais le nom) pendant laquelle un chercheur stigmatisait le design comme étant à l’origine de l’obsolence programmée que l’on connait dans le secteur des machines à laver. (sic).

En d’autres termes, parce qu’ils dessinent de jolis produits qui changent régulièrement de forme ou de couleur, les designers inciteraient les clients à jeter puis acheter de nouvelles machines. Evidemment, quand j’entends des âneries de cet acabit, cela me donne de l’urticaire :

1. Depuis Ralph Nader, cela fait quelques temps que l’obsolescence mécanique est scrutée par les associations de consommateur et quand bien même elle existe, elle est bien plus limitée que ce conférencier aurait bien voulu le laisser penser

2. Du point de vue de l’obsolescence esthétique, j’ai un léger doute sur le fait que le ménage moyen jette sa machine à laver une fois qu’un nouveau modèle sort… Je veux bien parler de Blackberry ou d’un IPhone mais une machine à laver ???

3. Quand bien même cette obsolescence esthétique existerait, je ne vois pas en quoi elle serait totalement imputable à la pratique des designers. Après tout, ce n’est pas eux (que je sache J ) qui font les segmentations clients et les briefs. Alors les charger de tous les maux actuels….

Par contre, il y a un point qui doit être résolument souligné : le lien entre le marketing et le design ne peut créer de la valeur que lorsque l’on permet au design de réellement travailler et réfléchir. Je veux dire par là que lorsque le marketing considère les designers comme de simples exécutants, on se trouve évidemment avec de purs produits de consommation (au sens totalement négatif du terme). A l’inverse, lorsque l’on laisse les designers adapter et transformer le dessein de l’entreprise, on voit des choses assez intéressantes se développer. Et là pour le coup, on peut se tourner vers de la conception de pratiques ou d’usages plutôt qu’une approche purement formelle qui n’est pas (faut-il encore le répéter ??) représentative du design.

Comme ce sont des sujets qui me touchent, j’avais écrit un article sur le lien entre le marketing et le design qui sort dans Marketing Grandes Ecoles et qui tombe absolument à pic. En espérant qu’on pourra relancer un peu le débat de manière plus positive  et que cet aspect de TRANSFORMATION de la pratique design sera enfin pris en compte à sa juste valeur (pour convaincre les incrédules, regardez les photos qui trainent sur le net de l’expo So Watt ?)

mercredi 6 mai 2009

Boutique Hotel et design: la norme du futur?

Boutique Hotel

Parmi les centaines de choses que je trouve profondément énervantes, il y en a une qui me paraît particulièrement désagréable: entendre certains chantres annoncer la disparition du "design" car.... on voit trop d'objets dits "design".

Encore une fois, un produit "design" n'est qu'un exemple type de ce que la multitude de pratiques design peut créer!!!!!

Partant de là, quand je vois certains chercheurs américains annoncer la fin du boutique hotel suite au fait qu'il existe trop de lieux "blancs immaculés", je suis furieux tant la remarque relève du non-sens le plus complet.

Du coup, j'ai écrit un court article pour Ehlite que je mets à disposition et qui, je l'espère règle la question (ce n'est pas l'article final, il faudra excuser les mauvaises attributions de marques, mais le coeur y est).

mardi 31 mars 2009

Structurellement, le design est inutile....

Starck le design est structurellement inutile

Je viens de lire un article sur le blog de l'école de design qui m'a beaucoup amusé !!!

Je ne peux évidemment pas polémiquer sur la prise de position de Starck en tant que personne, mais par contre il y a beaucoup de choses à dire sur la question du "design inutile".

1. Beaucoup de personnes assimilent le design inutile à l'approche stylistique de la pratique. En ce qui me concerne, je ne vois pas en quoi une approche de pur casing pose réellement un problème et j'ai envie de dire que c'est une remarque bien française. l'anglais ne s'embarasse pas de telles considérations puisque le "styliste" est "fashion designer" ou le décorateur (booouuuhhh, il fait de la déco, c'est pas du design) est "interior designer" (humour...). A priori, tant que la pratique vise à répondre à un dessein par un dessin, ca me semble être du design. (on se souviendra la conclusion de Don Norman à son ouvrage pour qui "we are all designers"...)

Bref, si intellectuellement une démarche purement esthétique n'est pas toujours très stimulante et peut paraître stigmatiser la pratique comme parangon de notre modèle actuel de consommation, on ne va pour autant rejeter la "stylistique" ou autres "esthétiques industrielles" à la poubelle pour autant, il en faut bien, ne serait-ce que pour créer des objets qui procurent de l'émotion (lire ici le plaidoyer de Laurent Colagettes dans le dernier Design Fax qui prone d'ailleurs un dépassement de l'image pure et un réenchantement des produits par le verbe). Allez, une petite pensée à Coco qui avait créé une véritable révolution sociale avec une simple "retouche" stylistique sur les jupes (et hop, quelques centimètres en moins :) ) Comme quoi...

2. Est-ce que le design est structurellement inutile? Je resouligne le fait que je ne m'intéresse pas à la personnalité de Starck, mais bien à la question du structurel et là pour le coup, la réponse me paraît être évidemment non. Si on met de côté cette forme d'esthétique contemporaine que tant de personnes qualifient imparfaitement de "design", il nous reste quand même un outil, une méthode de travail qui nous offre des perspectives réellement intéressantes (perso, je n'attends plus grand chose du seul marketing ...) Zut alors!!!! Est-ce qu'il faut revenir sur tout ce qui a pu être fait par des Mathieu Lehanneur, 5.5 designers ou autres Décathlon et Apple afin de souligner le réenchantement de notre univers qui peut provenir d'une pratique design honnête ??? (au sens propre du terme).

Au contraire, la responsabilité des designers dans l'évolution de la crise actuelle est absolument critique. Quand on voit les projets des étudiants qui sont sur les bancs des écoles de design et ceux de leurs camarades en école de commerce, je me dis que l'avenir serait plus radieux si la communauté créative prenait réellement la parole (et le pouvoir ? LOL). Accessoirement, et en tant que prof en école de commerce, je me dis aussi qu'il devient nécessaire de très fortement sensibiliser nos étudiants à ce qui se passe dans le design (ca y est, j'ai commencé, explications dans un post à venir :):)).

Bref, le design est structurel, loin d'être inutile et on en attend encore plus que ce qu'on a pu voir pour le moment. (ca sent le cri du coeur, mais c'est le cas)

mardi 17 février 2009

Le design est le problème?

Un de mes étudiants vient de me faire parvenir un lien vers un article intitulé "le design est le problème".

Le titre en lui-même est suffisant pour exciter la curiosité et je n'ai pas manqué d'être (joyeusement) surpris en le lisant:

1. C'est la première fois que j'entends quelqu'un réellement annoncer la chose aussi clairement et expliquer en quoi une certaine forme de complaisance a pu être à l'origine de nombreux échecs. L'allusion au designer vendeur de voiture d'occasion est à cet égard intéressante (on n'oubliera pas le marché de citrons de georges Akerlof et sa démonstration visant à prouver qu'à terme, sur ce type de marchés, et sans régulation, le marché... tendra à disparaître...)

2. L'auteur fait ensuite une excellent démonstration des différentes possibilités de prise en compte des problématiques environnementales, sociales etc. De ce point de vue donc, pas de soucis et même plutôt un immense merci!!!!

Par contre (LOL),

3. Je reste persuadé que tant (i) qu'il n'y aura pas de législation réellement contraignante (ii) qu'une entreprise ne se trouve pas face à un réel risque de réputation ou (iii) qu'elle ne trouve pas d'intérêt financier à la mise en place d'une pratique d'écoconception, et bien.... il est fort probable qu'aucune pratique responsable ne soit développée...

Partant de là, il me semble que la réelle problématique n'est pas de savoir si nous avons les outils disponibles pour gérer correctement le développement de produits responsables, mais bien plutôt de définir comment le design peut, au travers de son approche et de son discours, intégrer ces problématiques dans celles de l'entreprise. En d'autres termes, comment le design peut expliquer à l'entreprise sa valeur ajoutée, et une fois cette dernière correctement comprise, recourir aux outils cités pour la mise en place.

Le noeud du problème étant encore une fois d'expliquer à certains acteurs corporate en quoi le design créé justement de la valeur...

vendredi 11 janvier 2008

Rapports annuels et intervention étatique

Dans la série des publications qui énervent, je joins un rapport anglais (un des nombreux ....) sur la créativité de l'autre côté de la manche et qui en présente l'impact sur la compétitivité de la nation. Le design council et autres institutions prouvent largement et de manière régulière leur implication en la matière et cela ne peut que souligner le manque de recherche et de communication en france.

Le rapport présenté peut paraître sommaire, mais il a le mérite d'exister et de présenter de manière extrêmement simple "pourquoi recourir au design". Même s'il faut saluer le travail du CDRA en france et notamment de Design Plus, il faut admettre que nous sommes encore loin du compte....

Lire le rapport

mercredi 12 décembre 2007

Coup de gueule : les noms de domaine!!!

Le format de ce post est un spécial puisque j'ai d'abord écrit ce "coup de gueule" avant de le soumettre à l'avis d'un ami juriste qui, ne partageant pas totalement mon avis, a tenu à préciser certaines choses. Je lui ai donc proposé de nuancer mon propos au sein même du billet. Les parties en italiques lui sont donc dûes et je le remercie de ses réponses.

La PI est une branche du droit assez complexe et parmi les outils disponibles aux designers pour se protéger efficacement nous avons le Nom de Domaine. Grand succès de la vague internet, il a été à l’origine de quelques fortunes (je pense aux malins ayant acheté des noms de marque notoire avant de les revendre à prix d’or aux tenants des droits) mais aussi de quelques déconvenues. Dans la série des coups de gueule donc, je trouve fatiguant de voir des institutions commencer à décliner dès qu’elles le peuvent, des extensions qui sont parfois abusives. Je comprends bien la nécessité d’un « .eu » ou d’un « .asia », mais il y a là de manière évidente une manne financière non négligeable que certains veulent capter.

 

A titre d’exemple, la procédure d’achat d’un « .asia » lors du sunrise 2 amène les titulaires de marques à … concourir dans une vente aux enchères afin de déterminer qui aura les droits sur le dit « .asia ». Lors du sunrise 1, ce sont les personnes ayant des antériorités qui obtiennent le NDD afférant à la marque dont ils sont titulaires. Pourquoi ne pas avoir continué dans cette voie ?

 

« Lorsqu’une nouvelle extension est lancée, comme le .asia en cette fin d’année, une période de Sunrise est prévue. Il s’agit d’une période d’enregistrement prioritaire réservé aux titulaires de droits de marque notamment, leur permettant d’éviter d’être mis en concurrence immédiate avec le grand public. C’est le cas avec le .asia où les titulaires de marque ont leur période réservée (en cours à ce jour). J’apporterai deux réserves sur ce qui est dit au-dessus. D’une part, il n’est pas concevable que cette période réservée soit éternelle et il faut bien qu’à un certain moment, tout le monde puisse avoir son .asia. L’organisation en charge du .asia a décidé de programmer cette ouverture au grand public , sans restriction, en deux temps. Dans un premier temps, si deux candidats veulent le même nom, ils seront départagés par un système d’enchère. Le second temps de l’ouverture totale change les règles d’attribution et accorde le nom de domaine au premier arrivé (principe classique du « premier arrivé, premier servi »).

D’autre part, j’émettrai une réserve quant à la critique du système d’enchères. Premièrement, il faut noter que le système d’enchère est déjà en vigueur lors de la sunrise 1 : si deux candidats possèdent des droits de marque sur la même dénomination. Ils seront alors départagés par un système d’enchère. Deuxièmement, il est avancé, me semble-t-il, que le système d’enchère a une finalité exclusivement (ou quasi exclusivement) économique. Bien sûr, la rentabilité de ce système est indéniable, il n’est pas pour autant forcément plus injuste ou pénalisant pour les candidats à l’enregistrement. En effet, on peut trouver deux alternatives à ce système d’enchère :

- la première est d’attribuer le nom de domaine au 1er arrivé. La sunrise se transforme alors en course de vitesse, avec la victoire aux technologies les plus performantes. C’est un véritable jeu de hasard et il est à mon avis préférable pour le titulaire d’une marque notoire d’assurer son droit même si cela lui coûte un peu plus cher. Sa capacité financière lui garantit la victoire. Eurostar aurait certainement préféré obtenir eurostar.eu grâce à un système d’enchère que le perdre pour quelques centièmes de secondes de retard (la demande d’Eurostar pour le nom de domaine avait été déposé une fraction de seconde après celle d’un diamantaire belge).

- La seconde consiste à attribuer le nom de domaine au candidat qui a le droit le plus ancien sur la dénomination. A première vue plus juste, ce système est une illusion : D’abord, les vérifications seraient longues et coûteuses et augmenteraient de manière substantielle le prix du nom de domaine, le rendant inabordable. Ensuite, certains pays reconnaissent des droits sur l’usage, ce qui rendra la date ddes droits particulièrement difficile à déterminer. Enfin, cette solution ne s’adapte pas à l’ouverture d’une extension au plus grand nombre, échouant à remplir la fonction de communication des noms de domaine. »'' (Jean-Baptiste Sirand, Consultant chez IP Twins)''

 

Une fois la question de la procédure posée, je voulais souligner le coût qu'implique une bonne gestion des NDD. Juste un rapide calcul donc pour essayer de démontrer cette course à l’armement juridique en prenant l’exemple de Newson : Il lui faudra bien sûr et à titre de protection minimale acheter :

  • Newson.com
  • Marcnewson.com
  • Marc-newson.com

Parfait. Une fois ceci fait, il faut faire de même pour les principales extensions : .asia, .eu, .usa, .net etc. A partir de là, on peut estimer qu’il est décemment protégé. Ce n’est pas le cas et les pratiques de certaines personnes devraient rapidement l’amener à déposer les variantes proches :

  • Newon.com
  • Marcnewon.com
  • Marc-newon.com

Une erreur de frappe est en effet si vite arrivée…

Bien évidemment, il faut, à partir de ces déclinaisons, acheter les mêmes .asia, .eu, .net etc. (sic)(sans parler des .co.uk, .co.hk etc.) Pourquoi me direz-vous une telle boulimie d’achat ? Pourquoi ne pas attendre de voir si quelqu’un tente une contrefaçon avant de la punir ?

Pour deux raisons :

1. La première est que les procédures ne sont pas unifiées et que l’on n’est pas sûr de récupérer le dit NDD (procédure pénale, UDRP, autant de possibilités aux noms exotiques)

2. La deuxième… est que cela coûte cher (environ 5000€ pour une UDRP)

 

L’arbitrage est donc simpliste :

1. Calculer la probabilité de contrefaçon

2. Déterminer le coût d’une procédure de contrefaçon

3. Et… acheter tant que les coûts d’achat sont inférieurs à (1)*(2)

 

Ou comment se retrouver rapidement à gérer deux cent NDD pour le plus grand bonheur des sociétés en charge de leur vente ….. Ceci étant dit, Jean Baptiste souligne parfaitement le fait qu'il s'agisse là d'un passage obligatoire:

« La logique décrite ci-dessus, si elle est parfaitement cohérente et plus avancée que la démarche habituelle de protection des dénominations sur Internet est pour autant insuffisante.

Le problème est que les noms de domaine tardent à être reconnus comme des droits de propriété intellectuelle à part entière, que ce soit par ceux qui les contrôlent (la manne financière est trop belle pour qu’on souhaite la voir encadrée – et donc limitée- comme des marques) ou par ceux qui les enregistrent. Le nom de domaine a une double fonction, de communication (et à cette fin, le .com suffirait), mais également de protection de la dénomination sur internet, et dans cette optique, il est indispensable de traiter le nom de domaine au même titre que la marque, de le considérer avec la même importance. Bien sûr la mise en place d’une politique de gestion des noms de domaine implique des frais (comme celle de gestion des marques), mais une approche cohérente en amont, évite des mauvaises surprises en aval. Ainsi, la stratégie de protection par les noms de domaine doit se déterminer en fonction d’éléments tels que la portée de la protection de la marque, la présence commerciale de la société et ses projets futurs et les zones, plus sensibles que d’autres en matière de contrefaçon.

Une fois cette protection en place, une surveillance adaptée permet de connaître les atteintes et d’organiser la défense . Cette défense ne sera pas automatique et systématique, mais pourra être ciblée en fonction du préjudice causé par l’enregistrement pirate. La gestion de deux cents noms de domaine est lourde et coûteuse si on se borne à considérer le nom de domaine comme un outil de communication. En revanche, pris comme jumeau de la marque sur internet, le nom de domaine finira par être reconnu comme un droit de propriété industrielle à part entière, et plus personne ne sera choqué ou agacé (voire pire) de consacrer un budget à sa défense et à son développement. »''(Jean-Baptiste Sirand, Consultant chez IP Twins, - )

 

lundi 3 décembre 2007

Coup de gueule : rencontres luxe design et mode

Jeudi dernier a eu lieu une série de tables rondes organisées par la CCI de paris. Les intervenants étaient nombreux et les points soulevés intéressants. Ceci étant dit, certaines remarques étaient quasi ubuesques et il serait temps, lorsque la question posée est de savoir comment développer la création, de redescendre un peu sur terre.

Exemple type et affligeant, une personne faisant remarquer: "avant de savoir comment développer la création, est-ce qu'il ne faudrait pas commencer à faire preuve de créativité dans la définition même du terme de l'activité et ne pas copier les anglo saxons en ayant recours au terme "design"".

Deux remarques ici:

  1. Un changement de terme, pour amusant qu'il puisse être intellectuellement pour certaines personnes aura sans aucun doute un impact ... nul sur la croissance de l'activité des designers. Partant de là et comme dirait le designer assis à côté de moi: "mais qu'est ce qu'on s'en fout"!!!!!. Cri du coeur d'une réalité que certains semblent largement ignorer!
  1. Déja, à la fin des années 70, le ministère de l'industrie avait mis en place le CSCEI (conseil supérieur de la création esthétique industrielle). On n'osait pas à l'époque le terme "design", ce qui n'a pas empéché le design de ne pas progresser pour autant! Les exemples de ce type sont nombreux et tout aussi affligeants.

Alors maintenant que le terme est accepté non seulement par la profession mais aussi les non professionnels, peut-on essayer de passer à des choses plus prometteuses pour le bien-être journalier des designers?

Un exemple au hasard: quand la profession sera t-elle reconnue et dotée d'un simple code NAF? Ceci éviterait de voir tous les diplômés d'écoles de design courir à la maison des artistes s'inscrire en tant qu'artistes-auteurs pour pouvoir bénéficier d'un statut (sic!).