La strategie du design

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jeudi 4 mars 2010

Le cas Blackberry...

Je commence avec ce post à mettre en ligne certains travaux d'étudiants du MDC dont je trouve qu'ils sont fort pertinents. En l'occurrence, il s'agit d'une analyse de la marque Blackberry faite par Malek Barkia et Vincent Berdillon. L'objectif du travail était d'analyser l'ADN d'une marque et de définir si ses attributs communiquaient correctement ledit ADN.

Leur travail est réellement bon et je leur ai donc demandé de le résumer en huit pages afin de le mettre en ligne. De manière évidente, ce format ne met pas en valeur la recherche menée et les résultats. Il faudrait pour cela mettre en ligne la totalité de la présentation et qu'ils soient en mesure de la présenter, ce qui n'est pas envisageable. Pour autant, cela amène réflexion, et je serais ravi d'échanger sur le sujet.

Evidemment, selon la formule consacrée, la recherche ne représente pas les opinions de l'école mais celles des rédacteurs (qui seront ravis de défendre leur point de vue)

A lire ici

mercredi 2 décembre 2009

Enseigner le design en école de commerce?

Enseigner le design

Une question loin d'être évidente à laquelle j'ai essayé de répondre (de manière succincte...) dans l'article joint.

Evidemment, vu le sujet, c'est entièrement ouvert à discussion...

samedi 22 août 2009

Super-héros et bande dessinée: l'oeuvre de fiction comme symbole de notre contexte historique et culturel ?

Je suis fan de BD depuis des années. Le sujet peut paraître un peu éloigné du design, mais en fait pas tellement si on part du principe qu’il existe un lien entre une œuvre (de fiction) et un contexte historique et culturel. Dans le cas du design, c’est évident et les créations allemandes sont facilement identifiables par rapport aux italiennes, ou en fonction de la période. Pas de réelle surprise de ce côté, mais dans le cas de la BD ou plutôt des comics, je trouve que l’on assiste depuis quelques années à un réel bouleversement.

Entre les œuvres de Stan Lee de mon enfance et ce que je lis en ce moment, il y a un gap proprement incroyable. Il suffit d’aller jeter un œil à la Fnac aux rééditions annuelles du type « X Men 1969 etc. » et leur équivalent actuel pour se poser des questions sur le monde dans lequel nous vivons actuellement.

Un rapide exemple avec le cinéma avant de revenir sur le sujet des comics : les années 20 ont vu apparaître un nombre important de films angoissants : nosferatu le vampire, le cabinet des figures de cire, metropolis etc. bref, tous les films expressionnistes allemands soulignent bien la crise que connaît la république de Weimar. Mais on pourrait aussi penser à Dracula, la momie, dr Jekill et mr Hyde etc.

Plus récemment nous avons eu droit à une flopée de films millénaristes qui mettent en scène de nombreuses craintes : les extraterrestres (indépendance day), la nature (le jour d’après, deep impact, volcano, en pleine tempête), les comportements humains (remake de l’attaque du métro 123 etc.) Bref, le cinéma est certainement un beau révélateur de l’état d’esprit d’une société, et devient un objet catalysant les peurs et angoisses (d’où l’intérêt que cela finisse bien…)

En faisant le même parallèle avec les comics, on trouve un certain nombre de points qui me paraissent réellement intéressants :

1. L’engagement politique : la série « ultimates » notamment reprend tous les héros de nos enfances, mais les présentent comme travaillant de manière plus ou moins indépendante pour la sécurité et la lutte contre le terrorisme, terme récurrent, et parfaitement incarné dans la personnalité de Nick Fury (noir…) qui est doté d’un sens moral quelque peu tronqué puisqu’entièrement tourné vers cet objectif. Il suffit ici de lire "secret war" pour se rendre compte de la justification que ce dernier fait de la manipulation de ses amis les encapés pour s'en rendre compte. On voit nos héros souvent instrumentalisés et n’hésitant pas à recourir à une violence que l’on ne connaissait pas avant. D’ailleurs, il y a vraiment des morts, ce qui était rarissime, et après des débuts centrés autour d’une guerre contre des extraterrestres, on est rapidement revenus à des problématiques plus « terrestres » avec un Thor écolo qui n’hésite pas à monnayer son aide pour abattre Hulk contre un millard de dollars d’aide au développement…

2. Cet aspect politique prend un aspect cathartique avec le « civil war » dans lequel une loi oblige les héros à se présenter au gouvernement afin d’être référencés. Et là, surprise, nos gentils héros prennent position et d’anciens amis s’entretuent (avec la mort finale de captain américain, icône parfaite depuis une quarantaine d’années du sens moral le plus aigu (au sens américain bien sûr)!!!!!)

captain america

3. Un aspect quasi culturaliste : dans Utimates, chaque nation développe ses équipes de héros, et on voit apparaître Captain Britain, Captain Spain etc. (le Captain France met du temps à être développé car nous sommes en retard ☺ ☺ ). Tous très « occidentaux » et tout à fait disposés à s’unir pour contrer des menaces « étrangères ». On n’est pas dans le « choc des civilisations » d’Huntington mais presque, et on voit quelques scènes qui se passent dans un pays du Moyen-Orient…

captain britain

4. Un aspect psychologique très approfondi : tous ces « supers » se retrouvent dans la quasi totalité de la production actuelle être en fait extrêmement proches de nous. Ils commettent de nombreuses erreurs (avec des conséquences corrélées avec leurs pouvoirs évidemment), sont tourmentés par leurs décisions et souvent tout simplement incapables de vivre une vie normale. Sur ce point, le Daredevil de 100% Marvel (édition française) passe du héros classique dans les trois premiers tomes (combat contre des méchants caricaturaux et bien identifiés) à un personnage incapable de gérer sa situation, mettant ses amis en danger et arrivant tout juste à surnager. On est loin ici des dichotomies classiques et les 10 albums qui suivent méritent réellement d’être lus, notamment celui où il fait équipe avec le Punisher, qui lui, n’hésite pas à tuer des policiers pour les faire sortir de prison… Chose totalement inimaginable il y a quelques années. Pas de justification ici, mais cela ressemble bien à un questionnement actuel. On peut ici faire un parallèle avec « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités », récurrent dans les adaptions cinématographiques récentes de Spiderman. Cette manière de représenter les craintes et peurs des héros semble quasi fétichiste et vient à point nommé exorciser nos craintes liées au fait que le monde va mal.

dardevil

5. Des héros profondément humains, avec tous leurs travers. Ici, le « The Boys » est symptomatique : les encapés sont obsédés, drogués, tuent des innocents en se battant, et les gentils sont par de nombreux aspects aussi méchants que ceux qu’ils combattent. Dans The Authority, les deux héros les plus puissants sont en couple car homosexuels et ils n’hésitent pas à tuer et diriger de manière extrêmement ferme pour imposer leur vision du monde. (le titre d’un des albums est révélateur : « Humains malgré tout »).

the oys

the authority

6. Une petite prise en compte des aspects extérieurs au monde anglo saxon. J’ai toujours beaucoup ri en lisant les comics et en me disant que superman et les autres supers étaient singulièrement ethno centrés et qu’on ne les voyait pas beaucoup en Afrique ou en Asie (quand il survole le monde, le héros à la cape doit fermer les yeux au dessus de certains continents, sinon il irait creuser des barrages ☺ ☺ )



superman-returns2

Il y a encore beaucoup de choses à dire, mais je trouve passionnant de voir qu'un médium tel que la BD qui était encore il y a quelques temps extrêmement policé reflète actuellement des angoisses profondes. Idem pour ce besoin que les scénaristes actuels ont d’humaniser des héros qui étaient peut-être trop « supers » (difficulté, à se projeter dans des personnages trop extravagants?). D’ailleurs, pour rassurer les lecteurs humains que nous sommes, l’équipe de The Authority, si puissante, se verra battue à plate couture par l’équipe Stormwatch dans le premier numéro de team Achilles.

Faut-il préciser que cette équipe est entièrement humaine et que c’est la technologie qui leur permet de faire ce qui relève un peu du miracle. (une des angoisses récurrentes que l'on retrouve dans tant de films millénaristes -la peur de la technologie-, vient ici montrer que l’humain peut s’en sortir grâce à elle ☺ ☺). stormwatch

En conclusion, et après en avoir discuté avec A Wasserfallen qui est professeur à l'EHL, fan de BD et qui m'a fait des remarques sur le post :), on peut certainement en tirer que:

1. Dans l'imaginaire courant, le besoin d'avoir des héros est très important. Dans le cinéma de catastrophe, ces derniers sont représentés par des personnalités lambda, sans pouvoirs et que la catastrophe révèle comme étant des leaders (les naufragé du 747, terreur sur le britannique, titanic, daylight etc.). Même dans Independance Day, le monde est sauvé par un pilote alcoolique. Il faut admettre que cela tend à rendre la chose accessible à tous... Pour revenir à la BD, le processus d'humanisation que l'on connaît actuellement est certainement symbolique de ce besoin.

2. Certaines personnes physiques se comportent en se basant sur des types de scenarii utilisés dans les comics, et ce afin de répondre à ces angoisses. On peut penser ici à Bush atterrissant sur un porte avion pour déclarer "war is over". Du point de vue du storytelling, tant qu'on ne réalise pas que le porte avion est à 20 miles de San Diego et non en Irak, cela marche très bien...

samedi 6 juin 2009

Quel avenir pour le marketing ?

Ou, dit autrement: le marketing est-il mort?

 

Certainement pas, mais il va lui devenir absolument nécessaire d’évoluer très rapidement afin de renouer le lien avec les consommateurs.

Je commence le post par une petite vidéo qui a à peu près fait le tour du monde et qui dresse de manière amusante un constant quelque peu accablant.

Par contre, la réponse à la problématique est quasi-absente dans la video, ce qui m’amène à mettre en ligne un autre article écrit en collaboration avec Charles Edouard de Surville de Get Sound et dans lequel nous essayons de démontrer que, dans un univers absolument saturé de sens, si l’on veut recréer du lien, on doit commencer par ne plus essayer de se faire entendre (et donc d’en rajouter…) mais bien plutôt de créer les conditions dans lesquelles une marque peut être entendue.

En d’autres termes, être voyant ne veut pas dire être vu, loin s’en faut...

 

le design sensoriel

jeudi 19 février 2009

Décoration et tendances...

Une courte vidéo de Gérard Laizé nous présentant son point de vue concernant la décoration et les tendances à venir. Beaucoup de choses à en dire, notamment sur les analyses du type "en période de crise on se retrouve chez soi"... Depuis le cocooning, la question me semblait avoir été plus ou moins réglée.

Ceci étant dit, on a quelques insights intéressants sur l'industrie du meuble et surtout sur le pourquoi du retour en force de l'ornementation. On pourrait (devrait?) ici rajouter que s'il offre une explication, elle mériterait d'être élargie par la prise en compte d'un passif historique français qui fait que le catholicisme est extrêmement prégnant, par opposition aux créations des designers nordiques ayant été baignés dans la réforme...

Pas de jugement de valeur ici bien sûr mais un simple rappel:):) Les glorieuses heures du "style français" étaient déterminées par un contexte historique et culturel fort...

 

lundi 12 mai 2008

Interview d'Allan Whitfield

Dans une interview récente qu'elle a la gentilesse de m'avoir fait parvenir, Brigitte Borja a présenté Allan Whitfield qui a été à l'origine d'une étude portant sur l'état des lieux du design en Australie. les résultats sont intéressants, et comme d'habitude, on regrette le retard français en la matière....

The professional status of Designers :a national survey of how designers are perceived

Interview of one of the researcher Allan Whitfield

By Brigitte Borja de Mozota Université Paris X Nanterre Laboratoire CEROS

1.Could you please introduce yourself and your co –researcher as well as your university ?

I am Director of the National Institute for Design Research at Swinburne University of Technology and Gillian Smith was my research student undertaking a PhD. Swinburne University of Technology is a Government funded university located in Melbourne, Australia. It has specialised in research into various facets of design.

2. Why did you start this survey on the professional status of design in Australia?

My background is psychology. Ever since finishing my PhD 25 years ago, I have always worked in the field of Design. I have even been the Head of a University Design School in England, even though I am not a designer.

Why my interest in the professional status of designers? Well, it followed some research I did into the professional status of physiotherapists. I found that physiotherapists have a much lower status in the UK than they do in Australia. The reason is, basically, that in the UK anyone can call themselves a physiotherapist, while in Australia they have to be registered to use that title. The role of a professional body for registration and accreditation is very important for the status of an occupation.

I was curious about the perceived status of designers. My initial work compared the public’s views in Korea and Australia. From there it led to the first national survey of how people see the various design groups: a study conducted in Australia. Incidentally, the Koreans regard the design groups as having a much higher status than do the Australians. They see them as more highly educated, more useful as a profession, and having greater responsibility. Why should this be? This wasn’t part of the study, and therefore I can only speculate. However, it seems that the Koreans recognise the value of design to ‘add value’ to products. Korea is, after all, an export-driven country with few natural resources. It must compete with its near neighbour, Japan, for lucrative export markets, and it must compete now also with the emerging economy of China. It cannot compete on price with China, and therefore it must compete with Japan on quality and design. Japan is a hard competitor on quality, and therefore design and quickly marketed new technology are its main thrusts. Importantly, in Korea design is recognised even by the public as an important economic force. Unfortunately, Australia, with its wealth of natural resources doesn’t see this. Australia, as with France, is a looser of manufacturing jobs to Asian economies. Australia hasn’t quite understood this. But Korea has and it is doing well.

3. What was the context of this research :research laboratory ,fundings.. ?

We decided to carry out a large scale survey into how the Public, Design Educators, and Designers saw the main design professions. Naturally, being in Australia, we did it in Australia. About 1600 people took part in the study. This consisted of focus groups, followed by a national questionnaire survey.

4. You study examine six design occupations and measure the familiarity of the general public with these occupations.You asked whether they had heard of the design occupations,if they knew the main tasks of the job, and finally if they knew someone with this coocupation . Could you tell us the main results and what was you opinion in front of the results ?

The study examined six design occupations, interior design, industrial design, graphic design, fashion design, furniture design, and product design. We knew that industrial design and product design are really the same thing, but we were curious about how the Public saw this.

The first stage examined if the Public had heard of these professions and what they did. Our results showed that the design professions – or occupations – came well down the list that the public were familiar with. In fact, they came near the bottom. Not only that, but Industrial Design came virtually at the bottom. Industrial Designers will not like this, but the Public have no idea who they are and what they do. Guesses on the part of the Public were that they did such things as designing factories, designing cranes, and designing infrastructure. Most members of the Public thought that they owned nothing designed by an Industrial Designer. It is sad to say, but Industrial Design is the mysterious profession – it does not exist in the minds of the Public.

Even more disturbing is that the various design disciplines do not meet the agreed requirements for being a profession. Effectively, they are occupations. In order to achieve professional status they need to regulate entry into the profession, to maintain agreed professional standards, to undertake research, and to determine educational qualifications. The role of a professional body is crucial to achieve this. Unfortunately, professional design bodies are ‘professional’ in name only. They have little control, unlike in the fields of medicine and law.





5.Then you investigate more in depth the cognitive side of the design profession asking first if the public thought designers as naturally creative or if design is a learnt skill ? What were the results?

The Public see designers as naturally creative: it is not a learnt skill. However, they think that creativity needs to be built upon and nurtured. For this reason they see education and training as important.

6. Design is often referred to as art . What was the opinion of the public between art and design . Are they understood as distinct occupations or not ?

Designers erect fences to separate themselves from artists. They are insistent that design is not art, that design is a commercial activity resulting from a client’s brief. The Public, however, do not think this way. The Public blur the boundaries between art and design. While designers see the differences, the Public see the similarities. To the Public, design is ‘applied art’, and designers are mainly stylists. This is not an insult to designers. On the contrary, the Public admire the talent of the designer as a stylist. It is something that they cannot do, and they value it highly. Designers, however, seem horrified at the idea of being stylists. I suspect that the Public are largely correct. Most designers are simply stylists. If they want to be more, then they have to demonstrate this. Being a stylist sounds rather trivial – though not to the Public. Designers want to be regarded as highly intellectual people who engage in important activities. They have a long way to go to persuade the Public of this!

7.From the standpoint of cognitive psychology your study shows that the design profession lacks a clear topography . without this clear topography this is no professional category or the profession is subsumed to a more meaningful category Since design is not a category in itself what were the categories design were submitted to ? (Art,architecture ID no category )

As we go through life we construct cognitive (mental) categories. We put objects into these categories. So, for example, we recognise a tree because it fits into our ‘tree’ category. We recognise a dog because it fits into our ‘dog’ category. Once the object is put into a category, our brains get access to performance information about the object. For example, we know that trees don’t run up and bite you, but that dogs can. Occupations and professions operate the same. We construct cognitive categories into which we put the various ‘jobs’.

Our research shows that the Public do not have a clear cognitive category for design. The strongest category is fashion design, and the weakest are industrial design / product design and furniture design. Industrial design simply does not exist as a cognitive category to the Public. There is nothing there. Furniture design does exist as a cognitive category, but not necessarily as a design category. Rather it is a woodworker / joinery category.

The Public have strong art and architecture categories. In the absence of a clear category, we tend to put the object or occupation into a nearby clear category. Thus, design tends to be subsumed by art, while architecture subsumes interior design. Design is in the extremely difficult position of being associated with two powerful cognitive categories. Design must differentiate itself from these two. This would be a priority for a professional body.

8. In your study you interviewed also designers and design educators ,what were the main fields where designers and design educators diverge from the opinion of the general public ? (tertiary qualification , design as an occupation for the very intelligent ,level of professionalism)

One of the big surprises of our research was the finding that designers themselves do not regard design as a profession / occupation for the highly intelligent. In other words, they do not regard high intelligence as a requirement for being a designer. While we might expect this from the Public, we did not expect this from designers – and design educators. Also, we found that designers did not consider tertiary qualifications (university degrees) as essential for being a designer. In combination, these two findings argue against design as a profession. Essential requirements of true professions – e.g. medicine and law – are that they require high intelligence and high levels of tertiary education. I suspect that it is inconceivable that professions such as medicine, law, and architecture would hold these views, whether in Australia, France, the UK, or the USA.

9. Your study shows that design is not a profession.Since your results will probalby be similar in our country what are the main characteristices that make a profession ?

As indicated above, to be a profession, design needs a registration and accreditation body with ‘teeth’, as exist for true professions. Design also needs to develop its own body of research. This means developing specialist knowledge, and not just anecdotes and waffle. It needs to become more scientific and evidence-based. This is a big problem for design, as traditionally its roots are outside of the normal university world and, as I said above, anyone can call themselves a designer. It must face up to this challenge. It can remain as a self-deluded, ‘so-called’ profession, or it can remodel itself and ‘professionalise’ itself.

This challenge can only be taken up by designers themselves. Bear in mind that other occupational groups are also seeking professional status. In Australia these include teachers, computer scientists, nurses, and accountants. Each is requiring higher levels of tertiary education to be accepted into employment. My point is that there is nothing special about design. Do not expect favours. Do not think that somehow you are special. Each occupational group thinks that they are special. There are many other occupational groups seeking the same privileged status of being a profession. The answer lies with designers themselves. Can they bury their internal differences (graphic design versus interior design versus industrial design etc)? Can the older generation who are probably less academically qualified bury their pride and accept high level qualifications as entry into the ‘profession’ – even though they themselves don’t have them? Can the designers stop bickering? If not, then other occupational groups will overtake them. The answer lies with designers themselves. If not, then, in the words of that now famous song: “They had it coming, they had it coming, they only had themselves to blame…………………………”




THANK YOU

lundi 7 janvier 2008

Le cas Philippe Starck ou de la construction de la notoriété

Pour commencer la nouvelle année 2008, je présente un ouvrage qui date un peu mais qui est à ma connaissance unique en son genre. Il s'agit d'une publication tirée de la thèse de communication de Christine Bauer et qui analyse le "Starck-System" et la construction de la notoriété de Starck.

Le livre est divisé en trois parties, la première se tourne vers la notoriété de Starck en tant que telle, et la dernière analyse l'efficience du "Starck-system". La deuxième partie constitue le sous-bassement théorique sur lequel la thèse de Bauer est développée. Autant le dire de suite, il s'agit de littérature de chercheur et la liste des stratégies indirectes ou chinoises n'interessera que des doctorants potentiels.

le cas starck

D'une manière générale, l'approche est intéressante dans la mesure où elle part du constat d'une incroyable présence dans la presse écrite, présence qui étonne Bauer car -sans remettre en cause l'expertise de starck- de nombreux autres designers seraient aussi talentueux sans pour autant être connus. A côté de cela, une quasi-absence des autres médias l'intrigue et l'amène à questionner le pourquoi d'un tel amour de la presse papier.

Les réponses apportées à la problématique tournent principalement autour de la mise en scène par Starck de son personnage et de l'utilisation de stratégies indirectes : "je ne suis pas un designer" "non-objets pour non-consommateurs" etc. D'un point de vue théorique, ceci est certainement séduisant mais on se pose quelques questions malgré tout sur le lien qui est fait avec la réalité et la supposée stratégie de Starck qui en découlerait.

A titre d'exemple, le fait que Starck ait été pendant des années absent de la toile ne manque pas d'étonner Bauer, mais les raisons trouvées semblent quelque peu limitées : "starck serait si longtemps entré en résistance contre Internet pour entretenir, développer sa notoriété". On ne peut ici s'empécher de penser à la critique de Mauss par Levi-Strauss lorsqu'il parle du hau et qu'il se demande si l'on ne se trouve pas dans le cas où l'anthropologue se serait laissé abuser par son sujet d'étude.

Ceci étant dit, il s'agit de la première étude sur un sujet qui est en train de devenir incontournable.

mardi 20 novembre 2007

Culture générale et direction d'entreprise?

L'article pose la question de savoir s'il peut-être intéressant pour un gérant d'entreprise d'être cultivé. Fort heureusement, la réponse est positive. Les entreprises sont déja suffisament fermées à la culture design pour qu'en plus on ne vienne leur expliquer que la culture de manière générale n'induit rien en termes de performances!

On est heureux de voir que des entreprises comme Culture et Sens réussisent à faire leur trou et que le travail de Philippe Lemoine (dont l'intervention à l'ENSCI du 14 novembre sera bientôt mise en ligne) au théâtre du Rond Point est souligné.

Merci les Echos! A quand la rubrique design quotidienne?

Lire l'article

vendredi 14 septembre 2007

L'impact de la première impression....

En temps normal, les livres à grand succès ne sont pas d'une extrême pertinence académique, mais en voici un qui sort un peu du lot. Comme il se doit, le titre est très accrocheur et l'écriture est à l'aune du genre. Ceci étant dit, l'auteur présente de nombreuses expériences menées en psychologie et visant à démontrer l'importance de la première impression.

L'ensemble est assez convaincant et certains designers rechignant à travailler sur la présentation des projets, pensant que ce dernier, au vu de ses qualités intrisèques s'autosuffit feraient bien de se plonger dans une lecture rapide et intéressante...

Blink

mercredi 8 août 2007

Messages publicitaires

Une vidéo incroyable sur le matraquage publicitaire. Ou comment nous ne nous rendons même plus compte du nombre de messages qui nous sont soumis de manière journalière....

Du coup, il devient vraiment nécessaire de déborder de créativité pour pouvoir réellement toucher le consommateur potentiel...

Classement des marques par Interbrand

Interbrand classe les marques par notoriété et ce de manière annuelle. Pour 2007 on retrouve ainsi en tête.... Coca Cola, ce qui n'est pas une surprise, suivi de près par microsoft, IBM et Général Electric, ce qui peut paraît un peu surprenant pour un francophone.

Le rapport en profite pour tirer quelques "best practice" et on apprend ainsi qu'à force de se concentrer sur les 4*4, les pick-up et son héritage américain, Ford est en train perdre de sa notoriété. Pour GAP, le problème réside dans la concurrence à bas-coût d'entreprises offrant le même type de vêtements. Partant de là, on peut se poser des questions quand au pouvoir de la marque en termes de fidélisation sur des marchés où une simple concurrence par les prix a un tel impact.

Rapport annuel des marques Interbrand