typos exemples

Je mets en ligne une revue de la littérature de la recherche portant sur les typographies et leur impact en termes de publicité. Au même titre que la recherche sur la théorie des formes en design industriel, il y a peu d'écrits scientifiques, alors cela m'a paru intéressant.

La première remarque porte sur l'absence de production scientifique portant sur les interactions entre les diverses dimensions de la typographie. Cela me rappelle toute la littérature portant sur la sensorialité des environnements de service. De nombreux chercheurs ont travaillé sur l'impact du son ou de la couleur sur le comportement des usagers, mais à ma connaissance, il n'existe quasiment aucune approche réellement holistique et qui se pose la question des interactions. C'est manifestement le cas pour la typo, et je n'en suis pas plus étonné, même si c'est un peu désespérant.

La deuxième remarque est que finalement, cela doit en partie expliquer l'engouement des services marketing ou communication pour l'Helvetica. Outre l'aspect de cascade informationnelle, il est probable que le nombre de variables (espacement, interligne, typo, type de casse etc.) à prendre en compte devienne rapidement trop important pour être correctement traité. La solution est alors de se tourner vers un spécialiste de la typo, mais si l'on réalise le fait que le design a parfois du mal à prouver sa légitimité, la situation du typographe doit être encore moins évidente. Partant de là, une solution dégradée mais plus facile à mettre en place consiste à adopter un comportement moutonnier, et ne pas prendre de risque en se tournant vers une typo passe partout.

On pourrait ici développer sur le culte de l'Helvetica qui était d'ailleurs le sujet d'un coup de gueule de Peter Gabor qui m'avait beaucoup amusé.

Ceci m'amène à une dernière remarque, un peu plus acide celle-là: j'ai récemment échangé avec une spécialiste de la cognition et des interfaces visuelles. Elle me détaillait les relations systématiquement houleuses qu'elle avait avec les graphistes qui estimaient que l'organisation visuelle des informations relevait de leur domaine et qu'il n'était besoin d'aucune autre expertise que la leur. En l'occurrence, je suis persuadé que c'est faux, notamment lorsque l'on travaille dans un cadre interculturel. Je ne parle pas de certains graphistes qui estiment être des typographes avertis, mais l'idée est la même. Ce type de réaction m'amuse passablement dans la mesure où, finalement, si le design a du mal à se faire reconnaitre, il n'est pas toujours extrêmement ouvert à l'égard de certaines des pratiques qui entourent sa démarche :):)