La strategie du design

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Mot clé - Pratique du design

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mardi 20 juillet 2010

Les entretiens du design .9 Eric Bourgeois

Un nouvel entretien avec Eric Bourgeois. Cette fois, la question posée est de savoir comment, lorsque l'on dispose d'une cellule intégrée au niveau européen, communiquer les évolutions de la marque au sein des franchisés. 
La réponse de Mac Donald's est simple et efficace: un book de communication interne détaillant la démarche, les outils et les objectifs. 
Le tout dans un langage d'une rare simplicité et d'une rare efficacité. Un bel outil qui trouverait son utilité dans de nombreuses entités...

vendredi 2 avril 2010

Conférence sur le design comme outil de différenciation

J'organise jeudi prochain à Audencia et en partenariat avec Centrale et l'Ecole de Design une conférence sur le design comme outil de différenciation. Cinq intervenants sur le sujet, dont des designers agences et intégrés pour représenter correctement le panel de pratiques. Ce sera l'occasion d'échanger sur les pratiques des diverses sciences (conception de produit, marketing et management) et de présenter quelques études de cas récentes.

Le tout est évidemment suivi d'une table ronde et d'une présentation de certains des projets menés cette année dans le cadre du Mastère Marketing Design. Je suis heureux de l'annoncer car il est encore assez rare qu'une école de commerce décide de réellement s'engager sur le sujet du design et c'est en fait le début d'une série de conférences et de déjeuners débats qui seront organisés à partir de la rentrée, et de manière mensuelle. Je suis aussi ravi de pouvoir démontrer que des étudiants d'école de commerce peuvent être amenés à interagir de manière créative avec des designers et des ingénieurs si on leur en laisse le temps et qu'on leur donne les méthodologies adéquates.

Accessoirement, nous avons eu hier une executive academy avec Pierre Yves Panis, design manager de Legrand et cela a été un vrai bonheur !

vendredi 26 mars 2010

Les typos comme outil de conviction publicitaire ?

typos exemples

Je mets en ligne une revue de la littérature de la recherche portant sur les typographies et leur impact en termes de publicité. Au même titre que la recherche sur la théorie des formes en design industriel, il y a peu d'écrits scientifiques, alors cela m'a paru intéressant.

La première remarque porte sur l'absence de production scientifique portant sur les interactions entre les diverses dimensions de la typographie. Cela me rappelle toute la littérature portant sur la sensorialité des environnements de service. De nombreux chercheurs ont travaillé sur l'impact du son ou de la couleur sur le comportement des usagers, mais à ma connaissance, il n'existe quasiment aucune approche réellement holistique et qui se pose la question des interactions. C'est manifestement le cas pour la typo, et je n'en suis pas plus étonné, même si c'est un peu désespérant.

La deuxième remarque est que finalement, cela doit en partie expliquer l'engouement des services marketing ou communication pour l'Helvetica. Outre l'aspect de cascade informationnelle, il est probable que le nombre de variables (espacement, interligne, typo, type de casse etc.) à prendre en compte devienne rapidement trop important pour être correctement traité. La solution est alors de se tourner vers un spécialiste de la typo, mais si l'on réalise le fait que le design a parfois du mal à prouver sa légitimité, la situation du typographe doit être encore moins évidente. Partant de là, une solution dégradée mais plus facile à mettre en place consiste à adopter un comportement moutonnier, et ne pas prendre de risque en se tournant vers une typo passe partout.

On pourrait ici développer sur le culte de l'Helvetica qui était d'ailleurs le sujet d'un coup de gueule de Peter Gabor qui m'avait beaucoup amusé.

Ceci m'amène à une dernière remarque, un peu plus acide celle-là: j'ai récemment échangé avec une spécialiste de la cognition et des interfaces visuelles. Elle me détaillait les relations systématiquement houleuses qu'elle avait avec les graphistes qui estimaient que l'organisation visuelle des informations relevait de leur domaine et qu'il n'était besoin d'aucune autre expertise que la leur. En l'occurrence, je suis persuadé que c'est faux, notamment lorsque l'on travaille dans un cadre interculturel. Je ne parle pas de certains graphistes qui estiment être des typographes avertis, mais l'idée est la même. Ce type de réaction m'amuse passablement dans la mesure où, finalement, si le design a du mal à se faire reconnaitre, il n'est pas toujours extrêmement ouvert à l'égard de certaines des pratiques qui entourent sa démarche :):)

jeudi 11 mars 2010

Trouver un boulot de designer industriel

Get a design job

Il n'y a pas de publications sur le sujet, donc je me tourne vers Rita Sue qui publie son "get a design job" de manière régulière. En l'occurrence il s'agit de la troisième version et le jeu des questions-réponses auquel elle se prête est bienvenu. Pas de révolution théorique, mais plutôt beaucoup de bon sens et cela fait du bien.

A quand la même chose en français?

lundi 1 mars 2010

Payez les designers !!!!!!!!!!

ou... designers, apprenez à facturer !!!!!

A force d'entendre des créatifs se plaindre de leur niveaux de rémunération, j'ai eu envie de faire un petit topo sur leurs modalités de paiement de leurs services.

Le premier point, qui me paraît le plus important est que la reconnaissance du travail de designer passe par sa facturation. Partant de là, les premiers responsables de la difficulté à mettre en place des relations business saines avec les entreprises sont évidemment les designers qui font un "petit logo rapide pour pas très cher" ou qui travaillent pour "le cousin de ma grand-mère" pour lui rendre service. Je ne vais pas faire non plus une tirade sur les innombrables histoires de jeunes diplômés qui se mettent à la maison des artistes et qui, pour gagner des affaires tirent drastiquement les prix à la baisse. Une seule remarque ici: la perception que l'acheteur aura de votre expertise est corrélée à ce qu'il va débourser, cette pratique faisant donc plus de mal qu'autre chose. Et quand on voit les chiffres d'affaires de certaines agences, à n'en pas douter, de nombreuses entreprises sont prêtes à payer au juste prix.

Passé ce petit coup de gueule envers les pratiques de certains designers, on peut se tourner vers le deuxième point et détailler quelque peu les processus de paiement:

1. Tout d'abord, les montants et la typologie des paiements seront évidemment fonction des types de droits cédés. A titre d'exemple, céder un droit d'auteur ou une marque n'est pas la même chose. Et céder un droit d'auteur en demandant à ce que soit inscrit "design by Nicolas Minvielle" sur le produit n'est pas non plus la même chose !!!. Encore une fois, les designers ont tendance à penser que c'est l'entreprise qui leur apporte beaucoup alors que ce "design by" a de plus en plus de pouvoir et pas uniquement auprès des journalistes de Elle Déco (humour). On peut donc envisager un montage du type Honoraire pour droit d'auteur et Royalties pour utilisation du nom. C'est un système très proche de celui en cours dans la mode , mais à terme, il est peut-être même envisageable que des designers ne fassent que licencier que leur marque et dessinent de moins en moins. Mais là, c'est sujet tabou :). En attendant, il faut juste savoir que les typologies de rémunérations varient dès que l'on a ce type de pratiques.

2. Ceci m'amène à ce qui est écrit dans le contrat qui est souvent signé de manière assez légère par les designers... Si vous cédez les droits afférents à un dépôt de dessins et modèles, vous ne pouvez évidemment demander à être payé qu'au regard de la zone géographique déposée. Exemple : je demande 3% de royalties sur la licence d'un dessin et modèle que j'ai déposé à l'INPI. Ne vous étonnez pas de recevoir des royalties ridicules dans la mesure où les droits sont afférents à un dépôt uniquement français ! On comprend alors l'intérêt de commencer avec le droit d'auteur , et à ne rajouter les couches de protection qu'une fois ceci fait. Dans le même ordre d'idées, la durée des droits portant sur un dessin et modèle est de 25 ans, contre 70 ans après la mort pour le droit d'auteur !! Attention donc lorsque l'on veut faire bien et qu'on le dit "les droits cédés sont ceux afférents au dépôt de D/M cité dans l'annexe"...

3. Les typologies de paiement sont nombreuses mais elles ont toutes un intérêt et surtout, elles peuvent être mixées:

(i) le forfait: pour un montant X, je vous dessine Z

(ii) les honoraires: je prends X euros de l'heure pour dessiner Z

(iii) les royalties: en échange de X% sur chaque produit vendu, je vous dessine Z

(i) Le forfait est évidemment le plus utilisé car il est rassurant pour les entreprises. Toute la discussion tourne alors autour du devis: à combien d'itérations, de couleurs, de 3D donnent droit le paiement du montant X?

(ii) Les honoraires ou facturations à l'heure sont à déconseiller. Ce système de Time Sheet à l'américaine a tendance à rappeler aux clients la facturation de leurs avocats et le flou fort artistique que ces derniers entretiennent au sujet des heures réellement passées. Cela marche bien avec des clients habitués à payer des bureaux d'études d'ingénieurs à l'heure, mais sinon ce système est à prendre avec des pincettes...

(iii) En ce qui concerne les royalties, il s'agit d'un système que je trouve extrêmement intéressant et qui est encore très méconnu. Le principe est simple: après avoir défini une base de calcul avec le client, le designer touche un pourcentage. Il peut s'agit du nombre de produits vendus, de leur prix etc. mais le plus simple est de partir sur le prix de vente net sorti d'usine. Cela évite d'avoir une entreprise qui vous annonce qu'elle a des problèmes de consolidation des ventes et qu'avec les promos de Noël, les montants ont baissé...

On peut évidemment mixer les typologies de paiement en partant par exemple du principe que la partie créative sera "offerte" au travers d'un paiement par royalties tandis que le coût de développement du produit sera facturé au forfait. D'une manière générale, quand on commence à faire rentrer des royalties dans le calcul, la véritable question est évidemment d'être en mesure d'évaluer les ventes du produit. Une entreprise n'a d'intérêt à recourir aux royalties qui si ces sommes sont inférieures à un paiement plus classique. A l'inverse, il s'agit d'un bon outil d'aide à la vente pour le designer (ne pas se faire payer directement comme preuve d'engagement et de conviction dans la validité du produit). Partant de là, la possibilité pour un designer de faire une réelle innovation sur un marché doit être un critère clé lors du choix de cet outil: "oui je peux mieux faire et les ventes seront donc corrélées".

Un dernier point dont on parle très peu mais qui ne manquera pas d'arriver sur les tables de négociation à moyen terme: l'engagement au résultat. Cela existe déjà dans la pub, alors on peut tout à fait imaginer que les designers soient payés par un fixe ou une royaltie minimale et que cette dernière augmente en fonction de l'évolution des parts de marché, de la presse générée ou de l'évolution de la notoriété de la marque.

Un petit topo rapide sur les modalités de paiement donc, mais la réelle conclusion est qu'avec ces possibilités, il serait dommage de continuer à facturer peu ou pas cher, ce qui nuit à la profession alors que l'on peut imaginer des royalties variables ou des engagements au résultat (entre autre possibilités).

mercredi 23 décembre 2009

Les entretiens du design 5 - Jean Patrick Péché

Je continue les entretiens avec cette fois ci un designer industriel qui partage son temps entre son entreprise et l'enseignement. Il est spécialiste des problématiques d'innovation et c'est donc le sujet de l'échange: le rôle des parties prenantes autour des projets de design et comment générer de l'innovation en phase amont.

mardi 15 décembre 2009

A quoi ressemble l'élite (en termes de CA...) du marché du design?

marché du design

Une question difficile dans la mesure où les données sont suffisamment rares pour que personne ne sache réellement quels sont les montants générés, leur ventilation ou même, le nombre d'acteurs présents.

Du coup, quand une boite de conseil dévoile un peu ses recherches, il faut en profiter, et le graphique présenté plus haut me paraît extrêmement intéressant. ...

Quelques précisions sur ce dernier:

1. Nous avons en abscisse le CAGR sur les cinq dernières années. Il s'agit donc du taux de croissance lissé sur cette période des entreprises présentées.

2. En ordonnée, se trouve le % du résultat sur le CA. Un indicateur simple pour déterminer la rentabilité.

3. Chaque bulle représente une entreprise (les noms ne sont évidemment pas donnés), et la taille de la bulle son Chiffre d'Affaires.

Il n'y a qu'une petite vingtaine d'entreprises qui sont présentées, mais elles ont toutes un CA qui se compte en millions d'€, et nous avons donc affaire aux acteurs les plus importants du marché, je vous laisse imaginer qui est derrière...

Un certain nombre de remarques peuvent-être tirées de ces résultats:

1. Tout d'abord, les montants générés par certaines agences sont extrêmement importants. Je ne porte ici aucun jugement de valeur, mais la règle des 80/20 s'applique ici de manière assez stupéfiante

2. Ensuite, ces agences ont connu, hormis trois exemples, une croissance supérieure voire très supérieure à la croissance du PIB. On revient ici sur le post portant sur les cascades informationnelles: la croissance d'une agence sur un marché où les asymétries d'informations sont aussi importantes va venir générer... de la croissance au travers de la notoriété acquise avec chaque nouveau client. En d'autres termes, on a un bel effet boule de neige, ce qui rend d'autant plus difficile l'arrivée de nouveaux entrants... Par ailleurs, ne pas se tromper ici: la croissance de ces agences n'est en rien (malheureusement...) un indicateur de la croissance du marché du design en général. Il s'agit plus ici d'un signe important de leur capacité de développement et très certainement du potentiel qu'elles ont à "rassurer" de nouveaux clients.

3. Finalement, non seulement ces agences ont connu de forts taux de croissance, mais certaines d'entre elles sont en sus extrêmement rentables... Cela va devenir de plus en plus difficile dans la mesure où les nouveaux entrants vont venir moduler la prise de profit, mais actuellement, les niveaux restent extrêmement corrects... On peut même venir ici préciser que le challenger qui a un %résultat/CA négatif est... un challenger. Parce qu'avec un CAGR proche de 10%, on ne peut pas dire qu'il paraisse en réelle difficulté...

En conclusion donc: un marché extrêmement segmenté où un très petit nombre d'agences a des indicateurs qui sont réellement bons...

mercredi 2 décembre 2009

Les entretiens du design 3 - Claire Courtois

Pour le troisième entretien, et après l'interview de Charles de Surville sur un de nos sens, nous allons faire une petite ballade du côté de la semiotique et de la construction du sens. 
La différence est importante, même si certains éminents membres du marketing ne semblent pas l'avoir réalisé. En l'occurrence, Claire Courtois précise d'emblée ce point et remet en question les stratégies classiques d'occupation du territoire sensoriel.
L'objectif est alors de s'écarter un court instant du design produit et de se tourner vers ces beaux objets que sont les marques et sur leur construction....

Les entretiens du design 3
envoyé par dmanagement. - Futurs lauréats du Sundance.

Enseigner le design en école de commerce?

Enseigner le design

Une question loin d'être évidente à laquelle j'ai essayé de répondre (de manière succincte...) dans l'article joint.

Evidemment, vu le sujet, c'est entièrement ouvert à discussion...

lundi 16 novembre 2009

Les caractéristiques des entreprises de design

Un article de deux chercheurs de l'université de Chosun et présenté à l'IASDR en 2007. On y discute du fait que les agences de design n'ont pas encore su se transformer en véritables conseils...

En d'autres termes, il n'existe pas encore de réelle capacité de conseil au sein des agences, ce qui limiterait leur impact stratégique, à titre individuel mais aussi pour le client.

On y parle aussi d'argent et de rémunération. J'ai quelques doutes sur certaines des propositions (Joint Venture ?) mais cela a le mérite de débroussailler le terrain.

mardi 10 novembre 2009

Les entretiens du design 2 - Charles de Surville

Pour le deuxième entretien, j'ai souhaité commencer à présenter une pratique encore assez peu connue du grand public: le design sonore. Nous avons là un outil absolument passionnant et qu'il convient de réellement prendre en compte. J'en suis tellement convaincu que cela va faire l'objet d'un prochain ouvrage... 
Je suis donc allé interviewer Charles de Surville, fondateur de l'agence Get Sound. Une des raisons du choix résidant dans son profil: ex HEC, ex consultant en stratégie et.. passé par le marketing avant de revenir à ses amours: le son. Ou comment les profils multidisciplinaires sont (de loin...) les plus intéressants. Bonne lecture :)

dimanche 8 novembre 2009

Etude APCI-INPI entre le lien brevet-design

L'APCI vient de lancer une étude portant sur les liens entre les brevets et le design. Pour ceux qui souhaitent y participer, voici le lien.

lundi 2 novembre 2009

Contrefaçon sans façon

Je suis heureux d'annoncer que j'organise lundi prochain avec le Mastere Marketing Design et Création d'Audencia, et l'INPI comme partenaire, une journée de lutte contre la contrefaçon.

Au programme: une destruction de contrefaçons à partir de 16H00 (on va vraiment rouler sur des copies de pièces automobiles...), suivie d'une exposition de l'UNIFAB sur le sujet et... d'une conférence avec nos partenaires.

Je joins le carton d'invitation et je serais ravi de vous y voir (me contacter pour confirmer la présence)

mercredi 28 octobre 2009

Les entretiens du design 1

Finalement, le montage est grandement facilité avec I Movie... 
Je lance donc les entretiens du design sur un principe simple: des échanges d'une dizaine de minutes sur un sujet précis avec un spécialiste de la question. 
En l'occurence, j'ouvre le bal avec Laurent Noël, spécialiste du marché du design et avec une question qui me tient à coeur: le lien entre la valorisation sur le secteur artistique et la pratique du design industriel. J'ai commencé la mise en boîte des autres, mais la publication sera pour un peu plus tard, bouquin à finir oblige... :)

mardi 27 octobre 2009

Les entretiens du design...

A venir bientôt sur le blog... en fait, dès que je comprends comment marche I Movie parce qu'ils sont déjà faits et attendent juste que j'arrive à appréhender correctement le processus du montage vidéo...

dimanche 18 octobre 2009

Coup de gueule: La mort du marketing? BIS

Alain Cadix a répondu en commentaire dans mon précédent post sur la mort du marketing et je vais profiter de ses remarques pour rebondir sur la question de la relation marketing design. Juste une précision avant de développer sur le thème: je n'ai jamais remis en cause ses capacités ou ses connaissances sur le thème. On ne devient pas directeur de l'ensci par hasard ou sans avoir démontré une réelle expertise sur le sujet...

Ma remarque générale visait à "calmer les ardeurs" de certains designers qui sont intimement persuadés que, par leur marque de créativité, les marketeurs sont amenés à disparaître, point de vue que je ne partage absolument pas. En l'occurrence, cela fait des décennies que la pratique existe et qu'elle a toujours démontré une stupéfiante capacité à rebondir et à s'adapter à son environnement. Le réel souci dans le cadre de la relation designer-marketeur porte sur le fait que l'objet de leur travail est le même -l'utilisateur- mais que les approches et les résultats sont si différents que le risque de conflit est alors important. D'où une certaine animosité des designers lorsqu'ils pensent avoir développé un produit intéressant mais qui ne passe pas au travers des grilles marketing (cf ma remarque sur Matra dans le précédent post sur "la machine à ne pas sortir les produis").

Alain reprend dans son commentaire cette problématique designer-marketeur au travers de la problématique de l'innovation et de la recherche. Il y re-précise que c'est dans les innovations radicales que la relation designers-recherche permet de dé créer de la valeur et que c'est sur ces sujets que les marketeurs sont dépassés. Je suis évidemment tout à fait d'accord, et il suffit d'aller aux diplômes de l'ENSCI pour voir de quoi on parle. D'ailleurs, 80% des projets que je présente dans mon prochain bouquin sont développés par des designers diplômés de cette école et correspondent tout à fait à cette approche "amont" du design.

Par contre, autant ces typologies de "design avancé" ou de "design prospectif" sont intéressantes et se révèlent être le terrain privilégié du designer, autant -soyons honnête- de nombreux projets issus de cette approche ne voient pas le jour ... faute de marché. Alors on peut y voir une question d'éducation ou d'habituation de la clientèle, ce qui est une réponse honnête au vu des innovations parfois réellement radicales qui sont présentées, mais on peut aussi y voir une approche un peu trop égocentrée de certains designers qui se sont quelque peu éloignés des réelles problématiques de l'entreprise et du marché final... (d'où l'importance du rôle du marketing)

Ceci étant dit, si ce qu'on a vu à l'expo So Watt il y a deux ans, et qui me paraît parfaitement illustratif du propos était arrivé sur le marché, on y verrait peut-être plus clair sur le sujet et il y aurait peut-être eu une meilleur compréhension de ces problématiques. ;)

dimanche 11 octobre 2009

décidément, ca publie beaucoup...

Après Helvetica (très belle histoire de la Typo éponyme), Objectified est enfin disponible en pré achat sur amazon.com.

Steelcase et l'environnement de travail

Steelcase vient de publier une étude internationale sur la relation entre les cultures et le mobilier des bureaux. Ca a l'air passionnant mais je n'arrive pas à la trouver sur Amazon. Du coup je viens de leur écrire pour pleurer, on va voir s'ils sont sensibles au désespoir des français. Je publie bien sûr la réponse dès que je l'ai.

Ceci étant dit quelqu'un en sait plus, toute info est réellement bienvenue !!!!

dimanche 27 septembre 2009

Coup de gueule: La mort du marketing?

Impertinences 2009

Encore un titre accrocheur pour un sujet qui lui, est non seulement d'actualité, mais réellement sensible. Alain Cadix me donne une belle occasion de relancer la discussion au travers de sa dernière publication.

La démonstration est simple et bien menée: l'évolution des consommateurs les amènent à devenir des "jardiniers singuliers". Partant de là, les attributs normaux des produits tels que dictés par le marketing ne sont plus suffisants pour les satisfaire et on voit apparaitre de nouveaux produits "furtifs", "inachevés" ou "singuliers" qui viennent répondre à cette nouvelle équation.

Or, on s'en doute, ces objets sont dessinés par des designers, et la pratique courante du marketing n'a pas permis de voir venir ces changements et d'y répondre. Les designers, eux, n'ont pas eu ce problème, et ce grâce à la nature anthropocentrée de leur démarche qui leur permet de se tourner vers les pratiques et les usages (et ainsi de les remettre en cause).

Jusque là, et si l'on est un peu sensible à la pratique design, rien à redire, et on ne peut qu'espérer un "matin des designers".

Ceci étant dit, si mon coeur rêve de cette aube, ma raison est beaucoup plus précautionneuse, et ce pour un certain nombre de raisons:

1. Prédire la mort du marketing au vu du fait que les pratiques naissent dans le champ social et que le marketing n'est pas en mesure de prévoir ses évolutions est intéressant mais malheureusement pas réellement démontré. Au contraire, les entreprises ont prouvé depuis une vingtaine d'années une incroyable capacité à ingérer et à régurgiter les tendances. (Lire l'excellent révolte consommée sur ce sujet). J'aurais plutôt tendance à penser que si certaines propositions récentes qui ont été faites dans le milieu du design n'ont pas été développées, c'est que les débouchés se seraient révélés plutôt faibles (ce qui ne limite en rien leur valeur en tant que force de proposition, que les choses soient claires...)

2. Le point précédent me fait penser à une intervention du dirigeant de Matra à la fin des années 90 lorsqu'il disait qu'il était très précautionneux à l'égard des études de marché qu'il appelait "la machine à ne pas sortir les produits". J'ai toujours été étonné par cette remarque dans la mesure où le seul succès commercial de cette entreprise (qui était à de nombreux égards, d'une incroyable créativité) a été l'Espace, commercialisée par Renault... Je voulais ici préciser que la tendance de certains designers à "taper" sur le marketing et le soi-disant manque de perception et de compréhension attribué aux managers des entreprises peut faire plus de mal au design qu'autre chose.

3. Cette histoire de compréhension du milieu de l'entreprise m'amène à une autre remarque: elle est souvent le fait de "stars" du design dont les capacités de perception et de compréhension du monde actuel leur ont permis de développer des produits à succès. Or, il faut tout de même admettre que tout le monde n'est pas aussi génial, et qu'une proposition émanant d'un designer n'a pas forcément, ex nihilo, plus de valeur que celle résultant de la collaboration marketing-ingénieurs. C'est d'ailleurs une approche typiquement française, et on le ressent bien dans le dédain que se portent les stars du design et les agences plus "corporate". Je ne vais pas m'étendre sur la dichotomie de perception entre le design d'édition et celui des Saguez W/Cie, mais il y a là une forme de schizophrénie bien Gauloise.

4. Un exemple pour conclure là dessus: tout le monde parle d'Apple comme étant l'icône la plus représentative du potentiel d'une entreprise où le design est roi. Oui, mais aussi non. C'est oublier, que l'on ne crée réellement de la valeur que dans les pratiques transversales et collaboratives. En l'occurrence, on se souviendra que les premiers IPod avaient une molette qui tournait et qui n'était pas tactile. Il aura fallu la vision d'un CEO emblématique, un département d'ingénieurs dédié à la cause de la marque, des juristes habiles pour négocier des collaborations et des achats de droits, et finalement... des marketers (notamment opérationnels) habiles pour vendre et faire évoluer le produit vers ce que l'on connait actuellement.

En quelques mots: oui, le design doit et va faire évoluer les choses, oui, il doit prendre plus part aux phases amont de conception afin de ne pas limiter son travail à la partie aval qui le bloque dans un travail "stylistique", mais s'il vous plaît, pas de conflit avec les autres fonctions de l'entreprise...

lundi 27 juillet 2009

Une politique européenne de promotion du design?

La commission européenne se pose enfin de véritables questions sur le design et a tenté de faire un résumé de la question avant de lancer une étude dont la première phase vient de se terminer.

Je mets en ligne le document qui pose la réflexion et qui mérite plus qu'un coup d'oeil. Pour faire court, c'est un très bon résumé des diverses études qui ont été précédemment menées sur le sujet et la CE en arrive à la conclusion... que le design est utile en termes d'innovation et de différenciation. Quelques points sont pris en compte qui sont rarement considérés tels que les aides étatiques, la protection des créations ou encore l'index international de la compétitivité du design.

On retrouve évidemment Tether et la Design Ladder, ce qui est rassurant mais qui souligne aussi le fait que nous n'avons malheureusement toujours pas de réelle analyse à proposer de notre côté de la manche et que la recherche sur le design a encore un peu de mal à avancer... Par ailleurs, très bonne nouvelle dans la mesure où toute la recherche s'intègre dans le cadre d'une approche "user-centered", ce qui me réjouit réellement !!

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