La strategie du design

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Mot clé - Recherche en design

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vendredi 2 avril 2010

Conférence sur le design comme outil de différenciation

J'organise jeudi prochain à Audencia et en partenariat avec Centrale et l'Ecole de Design une conférence sur le design comme outil de différenciation. Cinq intervenants sur le sujet, dont des designers agences et intégrés pour représenter correctement le panel de pratiques. Ce sera l'occasion d'échanger sur les pratiques des diverses sciences (conception de produit, marketing et management) et de présenter quelques études de cas récentes.

Le tout est évidemment suivi d'une table ronde et d'une présentation de certains des projets menés cette année dans le cadre du Mastère Marketing Design. Je suis heureux de l'annoncer car il est encore assez rare qu'une école de commerce décide de réellement s'engager sur le sujet du design et c'est en fait le début d'une série de conférences et de déjeuners débats qui seront organisés à partir de la rentrée, et de manière mensuelle. Je suis aussi ravi de pouvoir démontrer que des étudiants d'école de commerce peuvent être amenés à interagir de manière créative avec des designers et des ingénieurs si on leur en laisse le temps et qu'on leur donne les méthodologies adéquates.

Accessoirement, nous avons eu hier une executive academy avec Pierre Yves Panis, design manager de Legrand et cela a été un vrai bonheur !

vendredi 26 mars 2010

Les typos comme outil de conviction publicitaire ?

typos exemples

Je mets en ligne une revue de la littérature de la recherche portant sur les typographies et leur impact en termes de publicité. Au même titre que la recherche sur la théorie des formes en design industriel, il y a peu d'écrits scientifiques, alors cela m'a paru intéressant.

La première remarque porte sur l'absence de production scientifique portant sur les interactions entre les diverses dimensions de la typographie. Cela me rappelle toute la littérature portant sur la sensorialité des environnements de service. De nombreux chercheurs ont travaillé sur l'impact du son ou de la couleur sur le comportement des usagers, mais à ma connaissance, il n'existe quasiment aucune approche réellement holistique et qui se pose la question des interactions. C'est manifestement le cas pour la typo, et je n'en suis pas plus étonné, même si c'est un peu désespérant.

La deuxième remarque est que finalement, cela doit en partie expliquer l'engouement des services marketing ou communication pour l'Helvetica. Outre l'aspect de cascade informationnelle, il est probable que le nombre de variables (espacement, interligne, typo, type de casse etc.) à prendre en compte devienne rapidement trop important pour être correctement traité. La solution est alors de se tourner vers un spécialiste de la typo, mais si l'on réalise le fait que le design a parfois du mal à prouver sa légitimité, la situation du typographe doit être encore moins évidente. Partant de là, une solution dégradée mais plus facile à mettre en place consiste à adopter un comportement moutonnier, et ne pas prendre de risque en se tournant vers une typo passe partout.

On pourrait ici développer sur le culte de l'Helvetica qui était d'ailleurs le sujet d'un coup de gueule de Peter Gabor qui m'avait beaucoup amusé.

Ceci m'amène à une dernière remarque, un peu plus acide celle-là: j'ai récemment échangé avec une spécialiste de la cognition et des interfaces visuelles. Elle me détaillait les relations systématiquement houleuses qu'elle avait avec les graphistes qui estimaient que l'organisation visuelle des informations relevait de leur domaine et qu'il n'était besoin d'aucune autre expertise que la leur. En l'occurrence, je suis persuadé que c'est faux, notamment lorsque l'on travaille dans un cadre interculturel. Je ne parle pas de certains graphistes qui estiment être des typographes avertis, mais l'idée est la même. Ce type de réaction m'amuse passablement dans la mesure où, finalement, si le design a du mal à se faire reconnaitre, il n'est pas toujours extrêmement ouvert à l'égard de certaines des pratiques qui entourent sa démarche :):)

jeudi 4 mars 2010

Le cas Blackberry...

Je commence avec ce post à mettre en ligne certains travaux d'étudiants du MDC dont je trouve qu'ils sont fort pertinents. En l'occurrence, il s'agit d'une analyse de la marque Blackberry faite par Malek Barkia et Vincent Berdillon. L'objectif du travail était d'analyser l'ADN d'une marque et de définir si ses attributs communiquaient correctement ledit ADN.

Leur travail est réellement bon et je leur ai donc demandé de le résumer en huit pages afin de le mettre en ligne. De manière évidente, ce format ne met pas en valeur la recherche menée et les résultats. Il faudrait pour cela mettre en ligne la totalité de la présentation et qu'ils soient en mesure de la présenter, ce qui n'est pas envisageable. Pour autant, cela amène réflexion, et je serais ravi d'échanger sur le sujet.

Evidemment, selon la formule consacrée, la recherche ne représente pas les opinions de l'école mais celles des rédacteurs (qui seront ravis de défendre leur point de vue)

A lire ici

mercredi 23 décembre 2009

Les entretiens du design 5 - Jean Patrick Péché

Je continue les entretiens avec cette fois ci un designer industriel qui partage son temps entre son entreprise et l'enseignement. Il est spécialiste des problématiques d'innovation et c'est donc le sujet de l'échange: le rôle des parties prenantes autour des projets de design et comment générer de l'innovation en phase amont.

mardi 15 décembre 2009

A quoi ressemble l'élite (en termes de CA...) du marché du design?

marché du design

Une question difficile dans la mesure où les données sont suffisamment rares pour que personne ne sache réellement quels sont les montants générés, leur ventilation ou même, le nombre d'acteurs présents.

Du coup, quand une boite de conseil dévoile un peu ses recherches, il faut en profiter, et le graphique présenté plus haut me paraît extrêmement intéressant. ...

Quelques précisions sur ce dernier:

1. Nous avons en abscisse le CAGR sur les cinq dernières années. Il s'agit donc du taux de croissance lissé sur cette période des entreprises présentées.

2. En ordonnée, se trouve le % du résultat sur le CA. Un indicateur simple pour déterminer la rentabilité.

3. Chaque bulle représente une entreprise (les noms ne sont évidemment pas donnés), et la taille de la bulle son Chiffre d'Affaires.

Il n'y a qu'une petite vingtaine d'entreprises qui sont présentées, mais elles ont toutes un CA qui se compte en millions d'€, et nous avons donc affaire aux acteurs les plus importants du marché, je vous laisse imaginer qui est derrière...

Un certain nombre de remarques peuvent-être tirées de ces résultats:

1. Tout d'abord, les montants générés par certaines agences sont extrêmement importants. Je ne porte ici aucun jugement de valeur, mais la règle des 80/20 s'applique ici de manière assez stupéfiante

2. Ensuite, ces agences ont connu, hormis trois exemples, une croissance supérieure voire très supérieure à la croissance du PIB. On revient ici sur le post portant sur les cascades informationnelles: la croissance d'une agence sur un marché où les asymétries d'informations sont aussi importantes va venir générer... de la croissance au travers de la notoriété acquise avec chaque nouveau client. En d'autres termes, on a un bel effet boule de neige, ce qui rend d'autant plus difficile l'arrivée de nouveaux entrants... Par ailleurs, ne pas se tromper ici: la croissance de ces agences n'est en rien (malheureusement...) un indicateur de la croissance du marché du design en général. Il s'agit plus ici d'un signe important de leur capacité de développement et très certainement du potentiel qu'elles ont à "rassurer" de nouveaux clients.

3. Finalement, non seulement ces agences ont connu de forts taux de croissance, mais certaines d'entre elles sont en sus extrêmement rentables... Cela va devenir de plus en plus difficile dans la mesure où les nouveaux entrants vont venir moduler la prise de profit, mais actuellement, les niveaux restent extrêmement corrects... On peut même venir ici préciser que le challenger qui a un %résultat/CA négatif est... un challenger. Parce qu'avec un CAGR proche de 10%, on ne peut pas dire qu'il paraisse en réelle difficulté...

En conclusion donc: un marché extrêmement segmenté où un très petit nombre d'agences a des indicateurs qui sont réellement bons...

mercredi 2 décembre 2009

Les entretiens du design 3 - Claire Courtois

Pour le troisième entretien, et après l'interview de Charles de Surville sur un de nos sens, nous allons faire une petite ballade du côté de la semiotique et de la construction du sens. 
La différence est importante, même si certains éminents membres du marketing ne semblent pas l'avoir réalisé. En l'occurrence, Claire Courtois précise d'emblée ce point et remet en question les stratégies classiques d'occupation du territoire sensoriel.
L'objectif est alors de s'écarter un court instant du design produit et de se tourner vers ces beaux objets que sont les marques et sur leur construction....

Les entretiens du design 3
envoyé par dmanagement. - Futurs lauréats du Sundance.

lundi 16 novembre 2009

Les caractéristiques des entreprises de design

Un article de deux chercheurs de l'université de Chosun et présenté à l'IASDR en 2007. On y discute du fait que les agences de design n'ont pas encore su se transformer en véritables conseils...

En d'autres termes, il n'existe pas encore de réelle capacité de conseil au sein des agences, ce qui limiterait leur impact stratégique, à titre individuel mais aussi pour le client.

On y parle aussi d'argent et de rémunération. J'ai quelques doutes sur certaines des propositions (Joint Venture ?) mais cela a le mérite de débroussailler le terrain.

dimanche 8 novembre 2009

Etude APCI-INPI entre le lien brevet-design

L'APCI vient de lancer une étude portant sur les liens entre les brevets et le design. Pour ceux qui souhaitent y participer, voici le lien.

mercredi 28 octobre 2009

Les entretiens du design 1

Finalement, le montage est grandement facilité avec I Movie... 
Je lance donc les entretiens du design sur un principe simple: des échanges d'une dizaine de minutes sur un sujet précis avec un spécialiste de la question. 
En l'occurence, j'ouvre le bal avec Laurent Noël, spécialiste du marché du design et avec une question qui me tient à coeur: le lien entre la valorisation sur le secteur artistique et la pratique du design industriel. J'ai commencé la mise en boîte des autres, mais la publication sera pour un peu plus tard, bouquin à finir oblige... :)

mardi 27 octobre 2009

Les entretiens du design...

A venir bientôt sur le blog... en fait, dès que je comprends comment marche I Movie parce qu'ils sont déjà faits et attendent juste que j'arrive à appréhender correctement le processus du montage vidéo...

dimanche 18 octobre 2009

Coup de gueule: La mort du marketing? BIS

Alain Cadix a répondu en commentaire dans mon précédent post sur la mort du marketing et je vais profiter de ses remarques pour rebondir sur la question de la relation marketing design. Juste une précision avant de développer sur le thème: je n'ai jamais remis en cause ses capacités ou ses connaissances sur le thème. On ne devient pas directeur de l'ensci par hasard ou sans avoir démontré une réelle expertise sur le sujet...

Ma remarque générale visait à "calmer les ardeurs" de certains designers qui sont intimement persuadés que, par leur marque de créativité, les marketeurs sont amenés à disparaître, point de vue que je ne partage absolument pas. En l'occurrence, cela fait des décennies que la pratique existe et qu'elle a toujours démontré une stupéfiante capacité à rebondir et à s'adapter à son environnement. Le réel souci dans le cadre de la relation designer-marketeur porte sur le fait que l'objet de leur travail est le même -l'utilisateur- mais que les approches et les résultats sont si différents que le risque de conflit est alors important. D'où une certaine animosité des designers lorsqu'ils pensent avoir développé un produit intéressant mais qui ne passe pas au travers des grilles marketing (cf ma remarque sur Matra dans le précédent post sur "la machine à ne pas sortir les produis").

Alain reprend dans son commentaire cette problématique designer-marketeur au travers de la problématique de l'innovation et de la recherche. Il y re-précise que c'est dans les innovations radicales que la relation designers-recherche permet de dé créer de la valeur et que c'est sur ces sujets que les marketeurs sont dépassés. Je suis évidemment tout à fait d'accord, et il suffit d'aller aux diplômes de l'ENSCI pour voir de quoi on parle. D'ailleurs, 80% des projets que je présente dans mon prochain bouquin sont développés par des designers diplômés de cette école et correspondent tout à fait à cette approche "amont" du design.

Par contre, autant ces typologies de "design avancé" ou de "design prospectif" sont intéressantes et se révèlent être le terrain privilégié du designer, autant -soyons honnête- de nombreux projets issus de cette approche ne voient pas le jour ... faute de marché. Alors on peut y voir une question d'éducation ou d'habituation de la clientèle, ce qui est une réponse honnête au vu des innovations parfois réellement radicales qui sont présentées, mais on peut aussi y voir une approche un peu trop égocentrée de certains designers qui se sont quelque peu éloignés des réelles problématiques de l'entreprise et du marché final... (d'où l'importance du rôle du marketing)

Ceci étant dit, si ce qu'on a vu à l'expo So Watt il y a deux ans, et qui me paraît parfaitement illustratif du propos était arrivé sur le marché, on y verrait peut-être plus clair sur le sujet et il y aurait peut-être eu une meilleur compréhension de ces problématiques. ;)

dimanche 11 octobre 2009

Steelcase et l'environnement de travail

Steelcase vient de publier une étude internationale sur la relation entre les cultures et le mobilier des bureaux. Ca a l'air passionnant mais je n'arrive pas à la trouver sur Amazon. Du coup je viens de leur écrire pour pleurer, on va voir s'ils sont sensibles au désespoir des français. Je publie bien sûr la réponse dès que je l'ai.

Ceci étant dit quelqu'un en sait plus, toute info est réellement bienvenue !!!!

dimanche 27 septembre 2009

Coup de gueule: La mort du marketing?

Impertinences 2009

Encore un titre accrocheur pour un sujet qui lui, est non seulement d'actualité, mais réellement sensible. Alain Cadix me donne une belle occasion de relancer la discussion au travers de sa dernière publication.

La démonstration est simple et bien menée: l'évolution des consommateurs les amènent à devenir des "jardiniers singuliers". Partant de là, les attributs normaux des produits tels que dictés par le marketing ne sont plus suffisants pour les satisfaire et on voit apparaitre de nouveaux produits "furtifs", "inachevés" ou "singuliers" qui viennent répondre à cette nouvelle équation.

Or, on s'en doute, ces objets sont dessinés par des designers, et la pratique courante du marketing n'a pas permis de voir venir ces changements et d'y répondre. Les designers, eux, n'ont pas eu ce problème, et ce grâce à la nature anthropocentrée de leur démarche qui leur permet de se tourner vers les pratiques et les usages (et ainsi de les remettre en cause).

Jusque là, et si l'on est un peu sensible à la pratique design, rien à redire, et on ne peut qu'espérer un "matin des designers".

Ceci étant dit, si mon coeur rêve de cette aube, ma raison est beaucoup plus précautionneuse, et ce pour un certain nombre de raisons:

1. Prédire la mort du marketing au vu du fait que les pratiques naissent dans le champ social et que le marketing n'est pas en mesure de prévoir ses évolutions est intéressant mais malheureusement pas réellement démontré. Au contraire, les entreprises ont prouvé depuis une vingtaine d'années une incroyable capacité à ingérer et à régurgiter les tendances. (Lire l'excellent révolte consommée sur ce sujet). J'aurais plutôt tendance à penser que si certaines propositions récentes qui ont été faites dans le milieu du design n'ont pas été développées, c'est que les débouchés se seraient révélés plutôt faibles (ce qui ne limite en rien leur valeur en tant que force de proposition, que les choses soient claires...)

2. Le point précédent me fait penser à une intervention du dirigeant de Matra à la fin des années 90 lorsqu'il disait qu'il était très précautionneux à l'égard des études de marché qu'il appelait "la machine à ne pas sortir les produits". J'ai toujours été étonné par cette remarque dans la mesure où le seul succès commercial de cette entreprise (qui était à de nombreux égards, d'une incroyable créativité) a été l'Espace, commercialisée par Renault... Je voulais ici préciser que la tendance de certains designers à "taper" sur le marketing et le soi-disant manque de perception et de compréhension attribué aux managers des entreprises peut faire plus de mal au design qu'autre chose.

3. Cette histoire de compréhension du milieu de l'entreprise m'amène à une autre remarque: elle est souvent le fait de "stars" du design dont les capacités de perception et de compréhension du monde actuel leur ont permis de développer des produits à succès. Or, il faut tout de même admettre que tout le monde n'est pas aussi génial, et qu'une proposition émanant d'un designer n'a pas forcément, ex nihilo, plus de valeur que celle résultant de la collaboration marketing-ingénieurs. C'est d'ailleurs une approche typiquement française, et on le ressent bien dans le dédain que se portent les stars du design et les agences plus "corporate". Je ne vais pas m'étendre sur la dichotomie de perception entre le design d'édition et celui des Saguez W/Cie, mais il y a là une forme de schizophrénie bien Gauloise.

4. Un exemple pour conclure là dessus: tout le monde parle d'Apple comme étant l'icône la plus représentative du potentiel d'une entreprise où le design est roi. Oui, mais aussi non. C'est oublier, que l'on ne crée réellement de la valeur que dans les pratiques transversales et collaboratives. En l'occurrence, on se souviendra que les premiers IPod avaient une molette qui tournait et qui n'était pas tactile. Il aura fallu la vision d'un CEO emblématique, un département d'ingénieurs dédié à la cause de la marque, des juristes habiles pour négocier des collaborations et des achats de droits, et finalement... des marketers (notamment opérationnels) habiles pour vendre et faire évoluer le produit vers ce que l'on connait actuellement.

En quelques mots: oui, le design doit et va faire évoluer les choses, oui, il doit prendre plus part aux phases amont de conception afin de ne pas limiter son travail à la partie aval qui le bloque dans un travail "stylistique", mais s'il vous plaît, pas de conflit avec les autres fonctions de l'entreprise...

lundi 27 juillet 2009

Une politique européenne de promotion du design?

La commission européenne se pose enfin de véritables questions sur le design et a tenté de faire un résumé de la question avant de lancer une étude dont la première phase vient de se terminer.

Je mets en ligne le document qui pose la réflexion et qui mérite plus qu'un coup d'oeil. Pour faire court, c'est un très bon résumé des diverses études qui ont été précédemment menées sur le sujet et la CE en arrive à la conclusion... que le design est utile en termes d'innovation et de différenciation. Quelques points sont pris en compte qui sont rarement considérés tels que les aides étatiques, la protection des créations ou encore l'index international de la compétitivité du design.

On retrouve évidemment Tether et la Design Ladder, ce qui est rassurant mais qui souligne aussi le fait que nous n'avons malheureusement toujours pas de réelle analyse à proposer de notre côté de la manche et que la recherche sur le design a encore un peu de mal à avancer... Par ailleurs, très bonne nouvelle dans la mesure où toute la recherche s'intègre dans le cadre d'une approche "user-centered", ce qui me réjouit réellement !!

lundi 20 juillet 2009

Emotional design

J'aime ce qu'écrit Don Norman. En fait, je trouve ses publications faciles à lire, accessibles et ... intéressantes. Ca fait déjà pas mal de choses, mais pour le coup, un éditeur vient de me demander une analyse de son ouvrage intitulé emotional design et, pour ma deuxième lecture, je suis quelque peu déçu.  
Les choses commencent bien avec son analyse portant sur les trois manières dont le design nous parlent. C'est parlant et j'ai eu le sentiment d'apprendre quelque 
chose. De ce point de vue, c'est donc tout bon. 
Par contre je me pose des questions sur la structure du bouquin: 
1. Deux parties, la deuxième étant trois fois plus longue que la première. 
2. La première partie et les deux premiers chapitres de la deuxième portant réellement sur cet "emotional design" qui est quand même le sujet du bouquin. De ce point de vue encore, pas de soucis. 
Je suis aussi dubitatif quant au reste. On a droit à un long monologue (avec quelques répétitions parfois vraiment ennuyeuses), le tout pour se poser des questions sur les émotions des robots... 
Alors, je force un peu le trait volontairement, mais ça m'a un peu gonflé, surtout qu'on se dit que la recherche sur l'IA des robots doit évoluer à une telle vitesse que ce qu'on apprend (le bouquin est de 2005) est forcément complètement à la rue en 2009. 
 
Bref, un court post pour dire qu'il faut l'acheter si on s'intéresse au design et à l'affect que génèrent les produits qui nous entourvent, mais qu'il n'est pas vraiment nécessaire d'aller beaucoup plus loin que les premières parties :(:(:(. 
D'ailleurs, pour ceux qui n'ont pas envie de lire en anglais, la vidéo qui suit résume bien son propos et sera plus rapide :):):)

dimanche 5 juillet 2009

Les designers sont des conteurs...

conteurs

J'ai toujours trouvé passionnant les histoires racontées par les designers autour de leurs créations. Véridiques ou non, il me semble qu'elles peuvent donner une forme de volume à des produits qui manquent parfois singulièrement de narration. (On pourrait d'ailleurs dire la même chose des marques...)

Je mets en ligne une première tentative pour formaliser la problématique, même si elle mériterait un véritable article (à venir :) )

vendredi 3 juillet 2009

Pourquoi les produits se ressemblent-ils tous ? Bis

Un petit moment sans billet dû à une ballade Sud Américaine visant à former des executive à la pratique du design. C'est plein d'enseignement et je reviendrais dessus plus tard car le niveau est réellement excellent... 
En attendant, je mets en ligne une vidéo de Tim Harford qui est basée sur la théorie de la ségrégation de Schelling. 
La recherche de base s'applique aux implications urbaines des préférences individuelles, mais cela marche parfaitement pour illustrer le jeu présenté dans la post précédent sur "pourquoi les produits se ressemblent tous?" 
En l'occurrence, le jeu était limitatif dans la mesure où il fallait emporter la totalité du marché en se limitant à une proposition. Dans la vidéo, les préférences mises en place sont un peu plus complexes et montrent bien que l'on arrive très rapidement à une segmentation très claire. On peut aisément faire la même chose en introduisant plusieurs préférences, le résultat étant le même. 
 En conclusion donc, nous pourrions certainement rêver d'avoir des produits beaucoup plus différenciés si l'appréhension que nous avons des attentes des clients était plus fine. Je ne suis pas en train de défendre les études de marché, mais pour autant, il y a certainement tant de préférences qui ne sont pas adressées car non reconnues :(:(:(

jeudi 18 juin 2009

UNE COLLECTION SUR LE DESIGN ...

C'est officiel, je suis conseiller éditorial d'une collection sur le design et l'innovation lancée par De Boeck.

Un objectif simple: traiter la problématique du design en entreprise sous toutes ses coutures et les premières publications en mars 2010 :) :)

mardi 16 juin 2009

CA Y EST ....

le wiki du design est en ligne

Les choses bougent, c'est bien !!!!

lundi 15 juin 2009

Pourquoi les produits se ressemblent-ils tous ?

Certainement pas à cause des designers LOL. En fait, tout simplement car c'est on ne peut plus rationnel pour une entreprise qui souhaite maximiser ses parts de marché (j'insiste sur le terme, par opposition à une stratégie de profit...)

Petite démonstration avec un jeu (candidate convergence) fait avec 200 étudiants (par groupe de 40).

Le cadre est le suivant:

1. Tous les étudiants disposent d'une carte sur laquelle est marquée leur utilité. (Exemple: "10" pour le joueur 1 et "78" pour le joueur 2). Ces montants représentent donc leur préférence sur une échelle allant de 0 à 100.

2. Deux candidats sont nommés au hasard et doivent se débrouiller pour gagner le marché. Pour ce faire, ils doivent annoncer une position (une offre). Les étudiants votent ensuite à main levée pour chaque candidat. Celui qui gagne reste et est challengé par un nouveau candidat choisi au hasard. (évidemment, on vote en fonction de la maximisation de ses gains individuels, pas de la tête du candidat...)

3. La méthode de calcul du gain est simple: on estime que l'utilité du produit offert et de 50. Les étudiants doivent alors déduire de 50 la valeur absolue de : (leur utilité - la proposition du candidat). Donc, si le candidat propose 70, et que j'ai une utilité à 30, j'ai (-40) (ou 40 puisque c'est en valeur absolue), que je vais déduire de 50. J'obtiens alors 10 en votant pour le candidat qui propose 70. Ce qui est rationnel si le deuxième candidat avait proposé 80, auquel cas il ne me serait rien resté...

Jusque là, le principe est simple et on comprend rapidement qu'il s'agit de choisir le candidat qui permet de minimiser la différence entre la valeur du produit (50) et mon utilité personnelle.

Les résultats sont d'ailleurs à l'aune de la réflexion puisqu'au bout de quelques tâtonnements, les candidats trouvent rapidement ce qui n'est en fait que la médiane et n'en bougent plus (donc le même candidat ou la même entreprise reste en place pendant plusieurs tours...)

Je joins un graphique obtenu en cours pour plus d'explications:

candidate convergence

En rouge la position du gagnant, en bleu celle du perdant et en vert la médiane.

Evidemment, les cartes étaient distribuées à l'avance de telle manière que la médiane était connue. Ainsi, du premier au cinquième tour elle est à 65, tandis qu'après elle est à 50.

On voit rapidement certains aspects critiques apparaitre:

1. Les candidats "tâtonnent", puis arrivent rapidement à l'équilibre (on le voit bien sur la chute des courbes après le cinquième tour où ils "courent" après la médiane.

2. Une fois arrivé à la médiane, celui qui est sortant garde le marché (il annonce son offre en premier, laissant le challenger s'adapter... Dans la vraie vie, on parlerait de premier entrant sur un marché et cela pose bien évidemment la question du suiveur)

Tout cela n'est pas sans poser de problèmes éthiques:

1. Si l'on se limite à un pur aspect de maximisation des part de marchés (être élu dans le cadre du jeu), il est préférable de mettre en place une offre médiane. On imagine bien que socialement cela a des limitations importantes.

2. A l'inverse, un candidat ayant une offre différente peut tout à fait satisfaire certains clients mais sans gagner le marché. Dans ce cas, on devient comme Apple sur le marché de l'ordinateur portable: on peut gagner de l'argent mais sur une niche. (en attendant que les préférences des clients évoluent parcequ'on est vraiment bon?)

Bref, une petite explication du pourquoi les marketeurs sont souvent aussi risk adverse et pourquoi on en arrive à des produits aussi banalisés (ou qui évoluent à la marge autour d'une offre type).

J'en profite pour rebondir sur l'article écrit pour marketing grandes écoles et parlant du lien entre le marketing et le design: il est possible de répondre à cette médiane en transformant le produit afin de le différencier tout en gardant l'ADN intact. Et là pour le coup, l'aspect risk adverse d'une certaine forme de marketing pourrait être géré tout en offrant de réelles possibilités en termes de créativité...

PS: un grand merci à mes étudiants pour leur participation et leur entrain :)

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